Le 1er décembre, le président Jerome Powell est apparu devant les caméras lors d’un événement commémoratif en l’honneur de George Shultz organisé par la Hoover Institution, sous l’attention de trois groupes : les traders obligataires estimant à 87 % la probabilité d’une baisse des taux en décembre, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) divisé et se préparant à d’éventuels votes dissidents, et le marché du Bitcoin qui a vu disparaître 4,3 milliards de dollars issus des ETF spot américains en novembre.
L’événement, présenté comme une table ronde universitaire sur l’héritage économique de Shultz, a été perçu par les marchés comme le dernier « point de passage » avant la réunion de la Fed la semaine prochaine, et la seule occasion de jauger si le cycle d’assouplissement monétaire se poursuivra ou marquera une pause.
Le Bitcoin a clôturé le mois de novembre à 90 360 USD, en baisse de près de 20 % par rapport à son pic d’octobre à 126 000 USD. Les données on-chain montrent que le prix a évolué sous plusieurs seuils de coût de base importants, tandis que le marché des options privilégie une protection à la baisse. Les flux ETF sur les derniers jours de négociation du mois n’ont enregistré qu’un peu plus de 220 millions de dollars nets, insuffisants pour compenser les pertes structurelles du mois, avec le seul IBIT de BlackRock perdant 1,6 milliard de dollars entre fin octobre et mi-novembre.
Le contexte macroéconomique avant l’intervention de Powell est fragile : liquidité faible, positions comprimées, et marché extrêmement sensible à tout ajustement de la trajectoire des taux de la Fed.
Président de la Fed Jerome Powell## Ce que le marché attend
Trois questions principales dominent la réunion du FOMC :
Chaque décision de la Fed influence le Bitcoin, mais via différents canaux. Le plus direct est la trajectoire des taux. Le Bitcoin se comporte comme un actif à risque élevé lorsque les taux sont bas et les rendements réels en baisse, stimulant les flux dans les ETF, l’émission de stablecoins et l’appétit pour le risque.
Des études montrent qu’un resserrement surprise (hausse inattendue du rendement obligataire 2 ans le jour du FOMC) est associé à une forte baisse du Bitcoin. À l’inverse, un assouplissement surprise qui fait baisser les rendements courts et réels tend à faire monter le BTC. NYDIG a déjà analysé que le rendement réel est le facteur macro le plus important pour le Bitcoin.
Exemple d’octobre 2025 : après la réunion du FOMC du 29/10, Powell refuse de s’engager sur une nouvelle baisse, IBIT d’iShares perd 1,6 milliard de dollars en trois semaines, dont 447 millions sur une seule journée, le Bitcoin chute de plus de 20 % et les flux se reportent sur l’or. Illustration claire : signal faucon → hausse des rendements → sorties ETF → chute du Bitcoin.
La décision sur le bilan joue un rôle secondaire : arrêter le resserrement quantitatif stabilise la liquidité en USD. Si Powell insiste sur un bilan stable ou potentiellement extensible, cela favorise un environnement de liquidité « accommodant » – moteur de l’adoption du Bitcoin par les institutionnels. S’il laisse entendre une reprise du QT, ce sera un frein pour les actifs risqués.
Les désaccords internes, pressions politiques, rumeurs de votes dissidents ou de succession de Powell influencent aussi le Bitcoin, en augmentant l’incertitude politique, la volatilité et en réduisant la liquidité.
L’attitude de Powell ouvre trois voies possibles :
Bitcoin et le rendement réel à 10 ans évoluent en sens inverse de mi-2024 à novembre 2025, avec un sommet commun en mars 2025. Si Powell ne crée pas de choc, la volatilité du Bitcoin relèvera surtout de facteurs internes au crypto, avec des retournements autour des niveaux actuels.
Si Powell adopte une posture faucon, jugeant une baisse des taux inutile et soulignant les risques d’inflation, le Bitcoin pourrait reculer sous les 80 000 USD, voire plus fortement si les sorties ETF s’accélèrent. Cela ne remet pas en cause la structure de long terme, mais déclenche une réaction « vendre d’abord, évaluer ensuite ».
La table ronde Shultz est académique, mais l’essentiel pour le Bitcoin et les actifs risqués est que Powell :
Si Powell confirme une posture conciliante, les rendements réels baissent et le Bitcoin rebondit depuis une zone de survente. S’il reste prudent ou s’oppose, les rendements sont réévalués, les sorties ETF continuent et le Bitcoin peut accentuer son repli jusqu’à ce que le marché trouve un nouveau « plancher ».
Le discours de Powell du 2 décembre sera le dernier signal clé de la Fed avant la réunion de la semaine prochaine, et l’indicateur le plus clair pour savoir si la baisse de novembre du Bitcoin n’était qu’une vente panique ou le début d’une correction plus profonde.
Han Tín
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