La question peut sembler absurde, mais l’histoire offre des réponses convaincantes : les animaux peuvent-ils réellement surpasser les investisseurs professionnels ? Cette exploration de l’investissement par les singes et de la gestion de portefeuille inattendue révèle un schéma fascinant qui intrigue le monde financier depuis des décennies. Le point de départ remonte à une hypothèse audacieuse, mais la véritable preuve provient d’animaux étonnamment performants qui ont défié la sagesse conventionnelle en matière d’investissement.
La théorie qui a tout lancé
Les origines de l’investissement par les singes ont été posées bien avant que de véritables animaux ne touchent à un portefeuille boursier. En 1973, l’économiste Burton Malkiel publia A Random Walk Down Wall Street, proposant une idée controversée : « Un singe aveugle lançant des fléchettes sur les pages financières d’un journal pourrait constituer un portefeuille aussi performant que celui soigneusement sélectionné par des experts. » Ce n’était pas une simple spéculation théorique. Malkiel avançait un argument qui deviendrait de plus en plus pertinent — la difficulté remarquable de battre le marché de façon constante, et le fait que la plupart des soi-disant experts n’y parviennent pas réellement.
Pendant des décennies après la publication de ce livre, des tentatives ont été faites pour tester cette hypothèse de diverses manières. Certains ont utilisé de véritables fléchettes. D’autres ont recruté des participants inattendus à quatre pattes, à poils ou à queue. Ce qui a commencé comme une curiosité intellectuelle s’est transformé en une série d’expériences concrètes pour voir si l’investissement par les singes pouvait réellement rivaliser avec l’expertise humaine.
L’investisseur félin : le succès inattendu d’Orlando
Avant que les singes n’entrent en scène, un chat nommé Orlando a montré que battre des professionnels ne nécessitait pas forcément de diplômes avancés ou de décennies d’expérience. En 2013, le Observer de Londres a mené une expérience qui remettait en question tout ce que l’on croyait sur la sélection d’actions : ils ont opposé un chat à une équipe d’experts en sélection d’actions et à des étudiants universitaires.
Orlando a choisi ses actions selon une méthode peu conventionnelle : il a lancé son jouet préféré, une souris en peluche, sur une grille de chiffres représentant différentes entreprises cotées au FTSE. Pendant ce temps, les professionnels ont utilisé des décennies de connaissances accumulées et des méthodes analytiques traditionnelles. Chaque portefeuille commença avec environ 5 000 livres investies dans cinq sociétés.
À la fin de l’année, les résultats ont surpris les observateurs. Orlando, le chat, a obtenu un rendement moyen de 4,2 %, accumulant environ 5 500 livres. Les professionnels, eux, ont réalisé un peu plus de 5 200 livres. Le chat avait surpassé les experts. Ce n’était pas une marge étroite — c’était une démonstration claire que la sélection aléatoire pouvait rivaliser avec l’expertise délibérée.
L’investissement par les singes prend le devant de la scène : primates en tant que gestionnaires de portefeuille
Si un chat pouvait battre des professionnels, peut-être que d’autres animaux méritaient aussi d’être considérés. L’histoire fournit plusieurs exemples remarquables de succès en investissement par les singes qui remettaient en question les idées reçues sur la relation entre expertise et rendement.
En 1999, un chimpanzé nommé Raven a marqué l’histoire du marché en lançant dix fléchettes sur un tableau affichant 133 entreprises liées à Internet. C’était l’apogée de la bulle Internet — une période où les actions du secteur semblaient ne faire que monter. La stratégie d’investissement de Raven, basée sur ses fléchettes, a surpassé plus de 6 000 gestionnaires de fonds Internet et technologiques, générant un rendement stupéfiant de 213 %. Le titre de MarketWatch.com résuma le moment : « Chimp ‘99 champion ! Rendra fou Wall Street. »
Ce succès si remarquable a conduit à la création du Monkeydex — un véritable indice basé entièrement sur les choix de Raven avec ses fléchettes. Ce n’était pas une parodie ; c’était une reconnaissance sérieuse du marché qu’une méthode aléatoire pouvait atteindre ce que la majorité des professionnels ne pouvaient pas.
D’autres animaux ont poursuivi cette tradition. Lusha, un chimpanzé de cirque travaillant en Russie, a constitué un portefeuille surpassant 94 % des fonds communs russes. Pendant ce temps, Adam Monk — un singe cebus à queue de cannelle brésilien employé par le Chicago Sun-Times — sélectionnait ses actions en les entourant dans les journaux avec un stylo rouge. Entre 2003 et 2006, Adam Monk a surpassé les principaux indices boursiers pendant quatre années consécutives. Lors de la crise financière de 2008, qui a dévasté la plupart des portefeuilles, le sien est resté relativement intact, avec une perte de seulement 14 %, contre plus de 35 % pour la plupart des gestionnaires professionnels.
Pourquoi l’investissement par les singes fonctionne réellement (et pourquoi il ne fonctionne pas)
La question qui suit naturellement est : pourquoi l’investissement par les singes réussirait-il ? Des simulations menées par Research Affiliates ont révélé un mécanisme important. Par hasard, la sélection aléatoire favorise disproportionnellement les petites entreprises. Historiquement, ces petites sociétés ont montré des rendements supérieurs à ceux des grandes. Quand des fléchettes atterrissent au hasard sur une grille d’actions ou qu’un chat lance ses jouets sur des sociétés numérotées, il recrée involontairement un portefeuille pondéré en petites capitalisations — qui a tendance à battre les portefeuilles de grandes entreprises sur de longues périodes.
Cependant, ce succès comporte des limites cruciales. Le rendement phénoménal de Raven, de 2 100 %, s’est évaporé après l’éclatement de la bulle Internet. Un professionnel de la finance a résumé la leçon : « N’importe quel singe avec une fléchette peut potentiellement faire de l’argent dans un marché en hausse. » La réussite en marché haussier ne garantit pas la performance dans toutes les conditions.
La limite essentielle : la performance à court terme en dit peu
Tom Gardner, fondateur et PDG de The Motley Fool, a apporté une perspective sur ces expériences d’investissement par les singes. Lorsqu’on lui a présenté le succès d’Orlando, il a répondu : « Je trouve ces histoires plutôt drôles, mais surtout absurdes. Une année ne veut rien dire en tant qu’investisseur. Si vous mettez ce chat face à Charlie Munger sur 10 ans, il supplierait pour sa vie. »
Cet aperçu révèle la limite fondamentale des comparaisons avec l’investissement par les singes. Même les professionnels de la sélection d’actions reconnaissent leur incertitude quant aux six à douze prochains mois. Mesurer un seul performeur — humain, félin ou primate — sur une année ou une courte période ne donne pas de conclusions significatives. L’industrie financière sait que la chance à court terme domine les résultats à court terme.
Des tests prolongés offriraient une évaluation plus pertinente. Pourtant, les données du marché restent claires : l’investissement par les singes, tout en étant divertissant et stimulant la réflexion, ne réussit principalement que dans des conditions et des périodes spécifiques. Un singe lançant des fléchettes pourrait battre un indice professionnel lors de marchés haussiers en sélectionnant aléatoirement de petites capitalisations, mais une surperformance durable à long terme nécessite autre chose que la chance.
Ce que l’investissement par les singes révèle sur les marchés et l’expertise
La leçon plus profonde dépasse l’image amusante de primates et de félins gérant des portefeuilles. Les expériences d’investissement par les singes valident l’affirmation de Malkiel selon laquelle battre les marchés de façon constante est extraordinairement difficile. Elles montrent que le hasard et la chance jouent un rôle important, surtout sur des horizons temporels courts. Elles suggèrent aussi que certains investisseurs professionnels n’apportent pas une valeur suffisante pour justifier leurs frais.
Mais ces mêmes expériences exposent aussi leurs limites. Un an de rendement — même remarquable — ne constitue pas une preuve suffisante pour une stratégie d’investissement. Surpasser le marché de façon occasionnelle diffère fondamentalement de le faire de façon fiable sur plusieurs décennies. Les preuves indiquent que l’investissement par les singes réussit grâce à un biais en petites capitalisations et à la chance du marché, et non par une méthode de sélection supérieure.
Pour les investisseurs individuels, la leçon n’est pas forcément d’adopter l’investissement par les singes. Au contraire, ces expériences soulignent l’importance de comprendre l’efficience du marché, de reconnaître le rôle de la chance dans les résultats à court terme, et de remettre en question la possibilité de battre le marché de façon constante. Les animaux ont réussi non parce qu’ils possédaient une sagesse en investissement, mais parce que la chance s’aligne parfois avec des conditions de marché favorables.
Le succès surprenant de l’investissement par les singes — du jouet du chat Orlando aux fléchettes de Raven en passant par le stylo rouge d’Adam Monk — nous rappelle que les marchés restent davantage influencés par le hasard, le timing et des facteurs structurels cachés que beaucoup de professionnels ne veulent l’admettre.
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Lorsque Monkey Investing a battu Wall Street : comment les animaux ont surpassé les experts financiers
La question peut sembler absurde, mais l’histoire offre des réponses convaincantes : les animaux peuvent-ils réellement surpasser les investisseurs professionnels ? Cette exploration de l’investissement par les singes et de la gestion de portefeuille inattendue révèle un schéma fascinant qui intrigue le monde financier depuis des décennies. Le point de départ remonte à une hypothèse audacieuse, mais la véritable preuve provient d’animaux étonnamment performants qui ont défié la sagesse conventionnelle en matière d’investissement.
La théorie qui a tout lancé
Les origines de l’investissement par les singes ont été posées bien avant que de véritables animaux ne touchent à un portefeuille boursier. En 1973, l’économiste Burton Malkiel publia A Random Walk Down Wall Street, proposant une idée controversée : « Un singe aveugle lançant des fléchettes sur les pages financières d’un journal pourrait constituer un portefeuille aussi performant que celui soigneusement sélectionné par des experts. » Ce n’était pas une simple spéculation théorique. Malkiel avançait un argument qui deviendrait de plus en plus pertinent — la difficulté remarquable de battre le marché de façon constante, et le fait que la plupart des soi-disant experts n’y parviennent pas réellement.
Pendant des décennies après la publication de ce livre, des tentatives ont été faites pour tester cette hypothèse de diverses manières. Certains ont utilisé de véritables fléchettes. D’autres ont recruté des participants inattendus à quatre pattes, à poils ou à queue. Ce qui a commencé comme une curiosité intellectuelle s’est transformé en une série d’expériences concrètes pour voir si l’investissement par les singes pouvait réellement rivaliser avec l’expertise humaine.
L’investisseur félin : le succès inattendu d’Orlando
Avant que les singes n’entrent en scène, un chat nommé Orlando a montré que battre des professionnels ne nécessitait pas forcément de diplômes avancés ou de décennies d’expérience. En 2013, le Observer de Londres a mené une expérience qui remettait en question tout ce que l’on croyait sur la sélection d’actions : ils ont opposé un chat à une équipe d’experts en sélection d’actions et à des étudiants universitaires.
Orlando a choisi ses actions selon une méthode peu conventionnelle : il a lancé son jouet préféré, une souris en peluche, sur une grille de chiffres représentant différentes entreprises cotées au FTSE. Pendant ce temps, les professionnels ont utilisé des décennies de connaissances accumulées et des méthodes analytiques traditionnelles. Chaque portefeuille commença avec environ 5 000 livres investies dans cinq sociétés.
À la fin de l’année, les résultats ont surpris les observateurs. Orlando, le chat, a obtenu un rendement moyen de 4,2 %, accumulant environ 5 500 livres. Les professionnels, eux, ont réalisé un peu plus de 5 200 livres. Le chat avait surpassé les experts. Ce n’était pas une marge étroite — c’était une démonstration claire que la sélection aléatoire pouvait rivaliser avec l’expertise délibérée.
L’investissement par les singes prend le devant de la scène : primates en tant que gestionnaires de portefeuille
Si un chat pouvait battre des professionnels, peut-être que d’autres animaux méritaient aussi d’être considérés. L’histoire fournit plusieurs exemples remarquables de succès en investissement par les singes qui remettaient en question les idées reçues sur la relation entre expertise et rendement.
En 1999, un chimpanzé nommé Raven a marqué l’histoire du marché en lançant dix fléchettes sur un tableau affichant 133 entreprises liées à Internet. C’était l’apogée de la bulle Internet — une période où les actions du secteur semblaient ne faire que monter. La stratégie d’investissement de Raven, basée sur ses fléchettes, a surpassé plus de 6 000 gestionnaires de fonds Internet et technologiques, générant un rendement stupéfiant de 213 %. Le titre de MarketWatch.com résuma le moment : « Chimp ‘99 champion ! Rendra fou Wall Street. »
Ce succès si remarquable a conduit à la création du Monkeydex — un véritable indice basé entièrement sur les choix de Raven avec ses fléchettes. Ce n’était pas une parodie ; c’était une reconnaissance sérieuse du marché qu’une méthode aléatoire pouvait atteindre ce que la majorité des professionnels ne pouvaient pas.
D’autres animaux ont poursuivi cette tradition. Lusha, un chimpanzé de cirque travaillant en Russie, a constitué un portefeuille surpassant 94 % des fonds communs russes. Pendant ce temps, Adam Monk — un singe cebus à queue de cannelle brésilien employé par le Chicago Sun-Times — sélectionnait ses actions en les entourant dans les journaux avec un stylo rouge. Entre 2003 et 2006, Adam Monk a surpassé les principaux indices boursiers pendant quatre années consécutives. Lors de la crise financière de 2008, qui a dévasté la plupart des portefeuilles, le sien est resté relativement intact, avec une perte de seulement 14 %, contre plus de 35 % pour la plupart des gestionnaires professionnels.
Pourquoi l’investissement par les singes fonctionne réellement (et pourquoi il ne fonctionne pas)
La question qui suit naturellement est : pourquoi l’investissement par les singes réussirait-il ? Des simulations menées par Research Affiliates ont révélé un mécanisme important. Par hasard, la sélection aléatoire favorise disproportionnellement les petites entreprises. Historiquement, ces petites sociétés ont montré des rendements supérieurs à ceux des grandes. Quand des fléchettes atterrissent au hasard sur une grille d’actions ou qu’un chat lance ses jouets sur des sociétés numérotées, il recrée involontairement un portefeuille pondéré en petites capitalisations — qui a tendance à battre les portefeuilles de grandes entreprises sur de longues périodes.
Cependant, ce succès comporte des limites cruciales. Le rendement phénoménal de Raven, de 2 100 %, s’est évaporé après l’éclatement de la bulle Internet. Un professionnel de la finance a résumé la leçon : « N’importe quel singe avec une fléchette peut potentiellement faire de l’argent dans un marché en hausse. » La réussite en marché haussier ne garantit pas la performance dans toutes les conditions.
La limite essentielle : la performance à court terme en dit peu
Tom Gardner, fondateur et PDG de The Motley Fool, a apporté une perspective sur ces expériences d’investissement par les singes. Lorsqu’on lui a présenté le succès d’Orlando, il a répondu : « Je trouve ces histoires plutôt drôles, mais surtout absurdes. Une année ne veut rien dire en tant qu’investisseur. Si vous mettez ce chat face à Charlie Munger sur 10 ans, il supplierait pour sa vie. »
Cet aperçu révèle la limite fondamentale des comparaisons avec l’investissement par les singes. Même les professionnels de la sélection d’actions reconnaissent leur incertitude quant aux six à douze prochains mois. Mesurer un seul performeur — humain, félin ou primate — sur une année ou une courte période ne donne pas de conclusions significatives. L’industrie financière sait que la chance à court terme domine les résultats à court terme.
Des tests prolongés offriraient une évaluation plus pertinente. Pourtant, les données du marché restent claires : l’investissement par les singes, tout en étant divertissant et stimulant la réflexion, ne réussit principalement que dans des conditions et des périodes spécifiques. Un singe lançant des fléchettes pourrait battre un indice professionnel lors de marchés haussiers en sélectionnant aléatoirement de petites capitalisations, mais une surperformance durable à long terme nécessite autre chose que la chance.
Ce que l’investissement par les singes révèle sur les marchés et l’expertise
La leçon plus profonde dépasse l’image amusante de primates et de félins gérant des portefeuilles. Les expériences d’investissement par les singes valident l’affirmation de Malkiel selon laquelle battre les marchés de façon constante est extraordinairement difficile. Elles montrent que le hasard et la chance jouent un rôle important, surtout sur des horizons temporels courts. Elles suggèrent aussi que certains investisseurs professionnels n’apportent pas une valeur suffisante pour justifier leurs frais.
Mais ces mêmes expériences exposent aussi leurs limites. Un an de rendement — même remarquable — ne constitue pas une preuve suffisante pour une stratégie d’investissement. Surpasser le marché de façon occasionnelle diffère fondamentalement de le faire de façon fiable sur plusieurs décennies. Les preuves indiquent que l’investissement par les singes réussit grâce à un biais en petites capitalisations et à la chance du marché, et non par une méthode de sélection supérieure.
Pour les investisseurs individuels, la leçon n’est pas forcément d’adopter l’investissement par les singes. Au contraire, ces expériences soulignent l’importance de comprendre l’efficience du marché, de reconnaître le rôle de la chance dans les résultats à court terme, et de remettre en question la possibilité de battre le marché de façon constante. Les animaux ont réussi non parce qu’ils possédaient une sagesse en investissement, mais parce que la chance s’aligne parfois avec des conditions de marché favorables.
Le succès surprenant de l’investissement par les singes — du jouet du chat Orlando aux fléchettes de Raven en passant par le stylo rouge d’Adam Monk — nous rappelle que les marchés restent davantage influencés par le hasard, le timing et des facteurs structurels cachés que beaucoup de professionnels ne veulent l’admettre.