Rapport JOLTS publié ce mois-ci révèle une tendance inquiétante sur le marché du travail américain : la demande d’emploi diminue régulièrement, tandis que l’embauche reste au point mort. En novembre, le nombre d’emplois vacants a atteint son niveau le plus bas depuis plus d’un an, et les économistes parlent désormais d’un état de « non-embauche et non-licenciement » — une situation où les employeurs hésitent clairement à prendre des décisions concernant la taille de leurs équipes.
Nombre d’offres d’emploi au plus bas — que disent les données JOLTS ?
Le Bureau of Labor Statistics du Département du Travail a annoncé une baisse du nombre de postes vacants à 7,146 millions en novembre — le plus bas depuis septembre de l’année dernière. Par rapport à octobre, la variation est significative : le mois précédent affichait 7,449 millions d’emplois vacants. Selon une enquête Reuters, les économistes s’attendaient à environ 7,60 millions d’offres, donc la chute réelle de 303 000 postes s’est avérée plus profonde que prévu.
Le ratio d’offres d’emploi par rapport au chômage est tombé à 0,91 — le plus bas depuis mars 2021. Cela signifie qu’il y avait moins d’une offre disponible par personne au chômage, ce qui indique une réduction notable de la demande de travail dans l’économie. Ce métrique est particulièrement important car il montre à quel point l’équilibre entre candidats et offres d’emploi a changé.
Les grandes entreprises de 50 à 999 employés ont été la principale source de cette baisse des offres. Les petites entreprises ont enregistré une légère augmentation du nombre de postes ouverts, suggérant que le secteur des PME maintient encore une certaine audace dans l’expansion de ses effectifs.
Incertitude politique et automatisation : principaux freins à la demande de travail
Les observateurs du marché pointent deux facteurs clés freinant l’appétit des employeurs pour l’embauche. Premièrement, l’incertitude concernant la politique commerciale et les éventuelles taxes à l’importation pousse les entreprises à attendre. La Cour suprême aurait rendu une décision sur la légalité des taxes étendues imposées par le président Donald Trump, et cette incertitude refroidit efficacement les initiatives d’investissement et d’embauche.
Deuxièmement, l’intégration de plus en plus répandue de l’intelligence artificielle dans divers rôles professionnels modifie la dynamique de l’emploi. Les employeurs, en expérimentant prudemment l’automatisation, réduisent le nombre de postes traditionnellement occupés par des humains. Marc Giannoni, économiste en chef de Barclays, commente : « Les données JOLTS de novembre montrent une baisse claire du nombre d’offres d’emploi et peu de signes d’aggravation des conditions du marché du travail » — ce qui suggère que la baisse de la demande de travail ne résulte pas d’une crise brutale, mais de changements structurels profonds.
Quels secteurs souffrent, et lesquels se développent ?
Les turbulences sur le marché du travail ne touchent pas toutes les industries de manière uniforme. Le secteur de l’hôtellerie-restauration a subi la plus forte perte, avec une baisse de 148 000 offres. La santé et l’aide sociale, qui il y a seulement un an étaient moteurs de la croissance de l’emploi, ont réduit leurs offres de 66 000 postes. Le transport, la logistique et les services publics ont perdu 108 000 offres.
En revanche, le secteur de la vente au détail a surpris en augmentant ses offres — de 121 000, probablement en préparation de la saison des fêtes. Le secteur de la construction a connu une tendance positive avec une hausse de 90 000 postes. Les gouvernements locaux et étatiques ont réduit leurs embauches de 89 000 postes, tandis que l’administration fédérale a enregistré une légère hausse de 8 000 offres.
L’emploi total a lui aussi diminué de 253 000, atteignant 5,115 millions — ce qui contraste avec la croissance économique du troisième trimestre et met en lumière une divergence croissante entre la croissance du PIB et la dynamique du marché du travail. Le taux d’emploi est passé de 3,4 % à 3,2 %, bien que les licenciements restent à des niveaux historiquement bas (1,687 million, en baisse de 163 000).
Départs volontaires et risques pour les employeurs
Un signe intéressant apparaît dans les données sur les départs volontaires : leur nombre a augmenté de 188 000, atteignant 3,161 millions. Le taux de départs volontaires a bondi à 2,0 % contre 1,9 % en octobre. Sarah House de Wells Fargo avertit : « Bien que le nombre de licenciements reste modéré, le faible taux de départs volontaires augmente le risque que les employeurs souhaitant réduire leurs effectifs soient de plus en plus contraints de licencier plutôt que de compter sur la rotation naturelle. »
Cette dynamique souligne que les employeurs se trouvent dans un piège logique : ils veulent réduire leurs équipes, mais sans procéder à des licenciements massifs. La hausse des départs volontaires signifie que moins d’employés quittent naturellement, forçant les entreprises à prendre des décisions actives en matière de personnel.
Qu’attendre du marché du travail dans les mois à venir ?
Les perspectives pour l’avenir sont mitigées. La Réserve fédérale devrait probablement maintenir ses taux d’intérêt inchangés, et les économistes prévoient une augmentation de l’emploi non agricole d’environ 60 000 postes en décembre. Bien que le rapport ADP ait montré une croissance de 41 000 emplois dans le secteur privé le mois dernier, les experts soulignent que ces données ont historiquement divergé de manière significative des statistiques officielles du gouvernement.
Carl Weinberg de High Frequency Economics note : « Le signal visuel du titre d’aujourd’hui suggère que des emplois ont été créés en décembre, mais à un rythme relativement lent. »
Par ailleurs, l’indice PMI des directeurs d’achat dans le secteur des services (ISM PMI) a augmenté à 54,4 en décembre contre 52,6 en novembre, et le sous-indice de l’emploi dans les services a rebondi à 52,0 après six mois de baisse. Ben Ayers de Nationwide estime : « Une croissance économique stable et cohérente en 2026 devrait maintenir le secteur des services dans une phase d’expansion solide tout au long de l’année, avec un potentiel de croissance si les effets des stimuli fiscaux sont significatifs. »
Perspective : entre croissance et stagnation
De manière paradoxale, l’économie montre des signes de force, tandis que la demande d’emploi s’affaiblit. Cela suggère que le marché du travail est en train de se transformer, et non simplement en cycle économique. Les employeurs obtiennent de meilleurs résultats grâce à la productivité, et non par l’embauche de nouveaux employés — une position qui n’est pas durable si la demande de travail continue de diminuer.
L’image finale est celle d’un marché en suspens : la demande d’emploi diminue, mais sans licenciements massifs ; l’économie croît, mais sans création de nouveaux postes. Pour les décideurs monétaires et politiques, cela représente une énigme complexe — intervenir sur le marché ou attendre une correction naturelle.
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La demande d'emploi aux États-Unis diminue : le marché du travail entre-t-il dans une période de stagnation ?
Rapport JOLTS publié ce mois-ci révèle une tendance inquiétante sur le marché du travail américain : la demande d’emploi diminue régulièrement, tandis que l’embauche reste au point mort. En novembre, le nombre d’emplois vacants a atteint son niveau le plus bas depuis plus d’un an, et les économistes parlent désormais d’un état de « non-embauche et non-licenciement » — une situation où les employeurs hésitent clairement à prendre des décisions concernant la taille de leurs équipes.
Nombre d’offres d’emploi au plus bas — que disent les données JOLTS ?
Le Bureau of Labor Statistics du Département du Travail a annoncé une baisse du nombre de postes vacants à 7,146 millions en novembre — le plus bas depuis septembre de l’année dernière. Par rapport à octobre, la variation est significative : le mois précédent affichait 7,449 millions d’emplois vacants. Selon une enquête Reuters, les économistes s’attendaient à environ 7,60 millions d’offres, donc la chute réelle de 303 000 postes s’est avérée plus profonde que prévu.
Le ratio d’offres d’emploi par rapport au chômage est tombé à 0,91 — le plus bas depuis mars 2021. Cela signifie qu’il y avait moins d’une offre disponible par personne au chômage, ce qui indique une réduction notable de la demande de travail dans l’économie. Ce métrique est particulièrement important car il montre à quel point l’équilibre entre candidats et offres d’emploi a changé.
Les grandes entreprises de 50 à 999 employés ont été la principale source de cette baisse des offres. Les petites entreprises ont enregistré une légère augmentation du nombre de postes ouverts, suggérant que le secteur des PME maintient encore une certaine audace dans l’expansion de ses effectifs.
Incertitude politique et automatisation : principaux freins à la demande de travail
Les observateurs du marché pointent deux facteurs clés freinant l’appétit des employeurs pour l’embauche. Premièrement, l’incertitude concernant la politique commerciale et les éventuelles taxes à l’importation pousse les entreprises à attendre. La Cour suprême aurait rendu une décision sur la légalité des taxes étendues imposées par le président Donald Trump, et cette incertitude refroidit efficacement les initiatives d’investissement et d’embauche.
Deuxièmement, l’intégration de plus en plus répandue de l’intelligence artificielle dans divers rôles professionnels modifie la dynamique de l’emploi. Les employeurs, en expérimentant prudemment l’automatisation, réduisent le nombre de postes traditionnellement occupés par des humains. Marc Giannoni, économiste en chef de Barclays, commente : « Les données JOLTS de novembre montrent une baisse claire du nombre d’offres d’emploi et peu de signes d’aggravation des conditions du marché du travail » — ce qui suggère que la baisse de la demande de travail ne résulte pas d’une crise brutale, mais de changements structurels profonds.
Quels secteurs souffrent, et lesquels se développent ?
Les turbulences sur le marché du travail ne touchent pas toutes les industries de manière uniforme. Le secteur de l’hôtellerie-restauration a subi la plus forte perte, avec une baisse de 148 000 offres. La santé et l’aide sociale, qui il y a seulement un an étaient moteurs de la croissance de l’emploi, ont réduit leurs offres de 66 000 postes. Le transport, la logistique et les services publics ont perdu 108 000 offres.
En revanche, le secteur de la vente au détail a surpris en augmentant ses offres — de 121 000, probablement en préparation de la saison des fêtes. Le secteur de la construction a connu une tendance positive avec une hausse de 90 000 postes. Les gouvernements locaux et étatiques ont réduit leurs embauches de 89 000 postes, tandis que l’administration fédérale a enregistré une légère hausse de 8 000 offres.
L’emploi total a lui aussi diminué de 253 000, atteignant 5,115 millions — ce qui contraste avec la croissance économique du troisième trimestre et met en lumière une divergence croissante entre la croissance du PIB et la dynamique du marché du travail. Le taux d’emploi est passé de 3,4 % à 3,2 %, bien que les licenciements restent à des niveaux historiquement bas (1,687 million, en baisse de 163 000).
Départs volontaires et risques pour les employeurs
Un signe intéressant apparaît dans les données sur les départs volontaires : leur nombre a augmenté de 188 000, atteignant 3,161 millions. Le taux de départs volontaires a bondi à 2,0 % contre 1,9 % en octobre. Sarah House de Wells Fargo avertit : « Bien que le nombre de licenciements reste modéré, le faible taux de départs volontaires augmente le risque que les employeurs souhaitant réduire leurs effectifs soient de plus en plus contraints de licencier plutôt que de compter sur la rotation naturelle. »
Cette dynamique souligne que les employeurs se trouvent dans un piège logique : ils veulent réduire leurs équipes, mais sans procéder à des licenciements massifs. La hausse des départs volontaires signifie que moins d’employés quittent naturellement, forçant les entreprises à prendre des décisions actives en matière de personnel.
Qu’attendre du marché du travail dans les mois à venir ?
Les perspectives pour l’avenir sont mitigées. La Réserve fédérale devrait probablement maintenir ses taux d’intérêt inchangés, et les économistes prévoient une augmentation de l’emploi non agricole d’environ 60 000 postes en décembre. Bien que le rapport ADP ait montré une croissance de 41 000 emplois dans le secteur privé le mois dernier, les experts soulignent que ces données ont historiquement divergé de manière significative des statistiques officielles du gouvernement.
Carl Weinberg de High Frequency Economics note : « Le signal visuel du titre d’aujourd’hui suggère que des emplois ont été créés en décembre, mais à un rythme relativement lent. »
Par ailleurs, l’indice PMI des directeurs d’achat dans le secteur des services (ISM PMI) a augmenté à 54,4 en décembre contre 52,6 en novembre, et le sous-indice de l’emploi dans les services a rebondi à 52,0 après six mois de baisse. Ben Ayers de Nationwide estime : « Une croissance économique stable et cohérente en 2026 devrait maintenir le secteur des services dans une phase d’expansion solide tout au long de l’année, avec un potentiel de croissance si les effets des stimuli fiscaux sont significatifs. »
Perspective : entre croissance et stagnation
De manière paradoxale, l’économie montre des signes de force, tandis que la demande d’emploi s’affaiblit. Cela suggère que le marché du travail est en train de se transformer, et non simplement en cycle économique. Les employeurs obtiennent de meilleurs résultats grâce à la productivité, et non par l’embauche de nouveaux employés — une position qui n’est pas durable si la demande de travail continue de diminuer.
L’image finale est celle d’un marché en suspens : la demande d’emploi diminue, mais sans licenciements massifs ; l’économie croît, mais sans création de nouveaux postes. Pour les décideurs monétaires et politiques, cela représente une énigme complexe — intervenir sur le marché ou attendre une correction naturelle.