Les marchés du sucre gagnent du terrain alors que le recul du dollar déclenche une vague de couverture à la hausse

Les contrats à terme sur le sucre ont enregistré des gains importants mardi, avec le sucre de mars à New York clôturant en hausse de 0,37 centimes (+2,59 %) et le sucre blanc ICE de mars à Londres en hausse de 12,40 cents (+3,06 %). La forte reprise est survenue alors qu’une faiblesse du dollar américain a déclenché une vague de couverture de positions courtes chez les traders. Ce rebond marque un rebond technique après que les prix du sucre ont atteint leurs niveaux les plus bas depuis plusieurs mois — le sucre de NY est tombé à un plus bas de 2,5 mois, tandis que le sucre de Londres a touché un plus bas de 5 ans la veille.

L’effet du dollar et la reprise des prix à court terme

Le catalyseur immédiat des gains de mardi a été la faiblesse du dollar américain (DXY), qui a incité les traders en position courte à racheter leurs contrats à des prix plus bas. Cette compression mécanique des positions courtes a temporairement inversé la tendance baissière qui domine le marché du sucre depuis la fin 2024. Cependant, sous cette reprise superficielle se cache une déconnexion fondamentale : si certains facteurs techniques à court terme ont déclenché un rallye momentané, les vents contraires structurels à long terme restent bien en place.

Surplus mondial persistants et impact sur le sentiment

Le contexte baissier persistant repose sur des attentes d’abondance des stocks mondiaux de sucre. Les prévisionnistes dressent un tableau cohérent de surabondance qui devrait se prolonger jusqu’en 2026. L’Organisation Internationale du Sucre (ISO) prévoit un excédent de 1,625 million de tonnes pour 2025-26, après avoir anticipé un déficit de 2,916 millions de tonnes en 2024-25. L’ISO prévoit une hausse de 3,2 % de la production mondiale de sucre en 2025-26, atteignant 181,8 millions de tonnes, dépassant la croissance de la consommation.

Plus agressif encore, Czarnikow, la société de négoce de sucre, a revu à la hausse son estimation de surplus mondial pour 2025/26 à 8,7 MMT — en hausse de 1,2 MMT par rapport à la prévision de septembre. D’autres analystes comme Green Pool Commodity Specialists anticipent un surplus de 2,74 MMT pour 2025/26, tandis que StoneX prévoit 2,9 MMT. Le Département de l’Agriculture des États-Unis, dans son rapport du 16 décembre, offre peut-être la vision la plus optimiste, avec une production mondiale de 189,318 MMT pour 2025/26 contre une consommation de 177,921 MMT, laissant des stocks de fin d’année à 41,188 MMT. Cependant, même ce scénario soulève des préoccupations modestes concernant l’accumulation des stocks.

Explosion de l’offre dans les principales nations productrices

Le Brésil en tête de la croissance de la production

Le Brésil, premier producteur mondial de sucre, continue d’accroître sa production. Conab, l’agence de prévision des récoltes du gouvernement brésilien, estime la production 2025/26 à 45 MMT, en hausse par rapport à la prévision précédente de 44,5 MMT. Cette hausse résulte d’une augmentation de la broyage de la canne à sucre, avec un ratio de broyage pour le sucre passant à 50,82 % en 2025/26 contre 48,16 % en 2024/25, selon Unica du 21 janvier. Le Service de l’Agriculture Étrangère du USDA prévoit une hausse de 2,3 % de la production brésilienne en 2025/26, atteignant un record de 44,7 MMT.

Cependant, une lueur d’espoir pourrait apparaître pour 2026/27. La société de conseil Safras & Mercado prévoit une baisse de 3,91 % de la production de sucre du Brésil en 2026/27, à 41,8 MMT, contre 43,5 MMT attendus en 2025/26. Cette réduction pourrait également peser sur les exportations, qui devraient diminuer de 11 % en glissement annuel pour atteindre 30 MMT en 2026/27 — un dynamisme qui pourrait, à terme, soutenir les prix à plus long terme.

Dynamique de production et d’exportation en Inde

L’Inde, deuxième plus grand producteur mondial, apparaît comme un facteur imprévisible qui bouleverse la dynamique mondiale. L’Association des usines de sucre indiennes (ISMA) a indiqué le 19 janvier que la production de sucre de l’Inde pour 2025-26, entre le 1er octobre et le 15 janvier, a atteint 15,9 MMT, en hausse de 22 % par rapport à l’année précédente. ISMA a ensuite relevé son estimation de production totale pour la saison 2025/26 à 31 MMT, soit une progression de 18,8 % en glissement annuel par rapport à une prévision antérieure de 30 MMT. Le USDA prévoit une production encore plus élevée, à 35,25 MMT pour 2025/26, en hausse de 25 % grâce à des pluies de mousson favorables et à l’expansion des surfaces cultivées en canne à sucre.

Pour faire pression sur les prix mondiaux, le gouvernement indien a indiqué sa volonté d’autoriser davantage d’exportations de sucre. En novembre, le ministère indien de l’Alimentation a annoncé qu’il permettrait aux usines d’exporter 1,5 MMT lors de la saison 2025/26, supprimant ainsi les contraintes liées à une surabondance intérieure. ISMA a également indiqué que l’Inde a réduit son estimation de production d’éthanol à 3,4 MMT, contre 5 MMT en juillet, libérant ainsi davantage de sucre pour l’exportation. Ce changement marque une inversion par rapport au système de quotas d’exportation de 2022/23, mis en place lorsque des pluies tardives avaient limité les approvisionnements.

La Thaïlande maintient sa trajectoire d’expansion

La Thaïlande, troisième producteur mondial et deuxième exportateur, affiche également une croissance de la production. La Thai Sugar Millers Corp a prévu en octobre que la production 2025/26 augmenterait de 5 % en glissement annuel, atteignant 10,5 MMT, tandis que le USDA prévoit une hausse plus modérée de 2 %, à 10,25 MMT.

Le rebond à court terme contre la pression à long terme

Les gains de prix de mardi, alimentés par la faiblesse du dollar et la couverture technique, offrent un soulagement temporaire mais ne modifient pas la tendance fondamentale. Les nombreuses prévisions de surplus — allant de l’excédent de 1,625 MMT de l’ISO à celui de 8,7 MMT de Czarnikow — convergent toutes vers une même direction : le marché du sucre fait face à une période prolongée de surabondance. La production mondiale devrait dépasser la croissance de la consommation de manière significative, notamment avec l’arrivée de nouvelles quantités en provenance du Brésil, de l’Inde et de la Thaïlande.

Ce rebond technique pourrait attirer certains traders tactiques cherchant à réaliser des gains à court terme, mais ceux qui évaluent le positionnement à plus long terme doivent faire face à la contrainte structurelle d’une offre mondiale abondante. Jusqu’à ce qu’une discipline de production émerge ou que la consommation accélère de façon inattendue, les risques à la baisse pour les prix devraient l’emporter sur les gains potentiels pour une grande partie de 2026 et au-delà.

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