Comprendre l'inflation par la demande et son rôle dans les cycles économiques modernes

Lorsque les économistes discutent de l’inflation, ils distinguent souvent deux mécanismes principaux qui entraînent la hausse des prix dans une économie. La Réserve fédérale américaine, comme d’autres banques centrales dans le monde, vise délibérément un taux d’inflation spécifique—généralement autour de deux pour cent par an—dans le cadre d’une politique monétaire plus large. Cette croissance contrôlée des prix signale une expansion économique. Cependant, lorsque l’inflation accélère au-delà des niveaux souhaités, il devient crucial pour les décideurs politiques et les consommateurs de comprendre si cette hausse provient d’un phénomène de pression sur les coûts ou de la demande. Parmi ces mécanismes, l’inflation par la demande a gagné en importance ces dernières années, notamment après de grandes perturbations économiques.

La différence fondamentale entre l’inflation par la pression sur les coûts et l’inflation par la demande

Ces deux catégories d’inflation fonctionnent par le biais de forces économiques opposées. L’inflation par la pression sur les coûts apparaît lorsque la production devient limitée—que ce soit en raison de catastrophes naturelles, de l’épuisement des ressources, de changements réglementaires ou de perturbations de la chaîne d’approvisionnement—tandis que l’intérêt des acheteurs reste stable. Les fabricants confrontés à des coûts de main-d’œuvre plus élevés, à des dépenses en matières premières ou à des charges réglementaires accrues doivent augmenter leurs prix pour maintenir leur rentabilité. Cela représente une inflation alimentée par le côté offre de l’économie.

En revanche, l’inflation par la demande découle du scénario inverse : une demande forte des consommateurs et des entreprises pour des biens et services dépasse la capacité productive de l’économie. Lorsque l’emploi augmente, que les revenus disponibles s’accroissent et que l’accès au crédit devient abondant, le pouvoir d’achat augmente dans toute la population. Les économistes décrivent ce phénomène comme « trop d’argent pour trop peu de biens »—une situation où la concurrence entre acheteurs pour des produits limités entraîne naturellement une hausse des prix. Cette dynamique d’inflation par la demande reflète généralement une économie en plein renforcement, où la croissance a accéléré plus vite que la production ne peut suivre.

Inflation par la pression sur les coûts : quand les contraintes d’offre entraînent la hausse des prix

Le secteur de l’énergie illustre constamment la mécanique de l’inflation par la pression sur les coûts. Les marchés du pétrole et du gaz naturel en sont des exemples : la demande de carburant reste relativement stable que les prix du brut augmentent ou diminuent. Les consommateurs ont besoin d’essence pour leurs véhicules et de gaz naturel pour le chauffage, indépendamment des fluctuations de prix. Cependant, lorsque des tensions géopolitiques, des catastrophes naturelles ou des défaillances d’infrastructures réduisent l’offre disponible, les raffineries et les centrales électriques disposent de peu de matières premières. Elles réagissent en augmentant leurs prix, malgré une demande des consommateurs inchangée. Des incidents récents—comme des fermetures de pipelines suite à des cyberattaques ou des ouragans ayant entraîné la fermeture de raffineries—illustrent comment des chocs externes se traduisent directement par des hausses de prix lorsque la capacité de production diminue.

Inflation par la demande expliquée : le cas du boom post-pandémique

La période suivant la fermeture liée à la pandémie de COVID-19 offre un exemple typique de la dynamique de l’inflation par la demande. Lorsque les vaccins sont devenus largement disponibles fin 2020 et en 2021, la réouverture économique s’est accélérée brusquement. Avec la levée des restrictions, les consommateurs—ayant épuisé leurs économies et reporté leurs achats pendant les confinements—ont libéré une demande refoulée dans plusieurs secteurs simultanément.

Ce phénomène s’est manifesté dans de nombreux marchés. L’emploi s’est redressé et a augmenté, restaurant le revenu et le pouvoir d’achat des consommateurs. Les gens sont retournés au bureau, nécessitant de l’essence pour leurs trajets. La demande de voyages a explosé, avec des réservations de billets d’avion et d’hôtels après des mois de confinement. La demande immobilière s’est intensifiée, car des taux d’intérêt faibles ont encouragé l’achat de maisons, mettant à rude épreuve les stocks de bois et de cuivre, atteignant des niveaux proches des records. Parallèlement, la capacité de production des usines n’a pas pu s’étendre assez rapidement pour répondre à cette explosion de commandes. Les épiceries ont fait face à des rayons vides alors que la demande alimentaire augmentait. Les détaillants ont eu du mal à réapprovisionner les produits ménagers et les biens de consommation. Le résultat : des hausses de prix généralisées, non dues à des pressions sur les coûts de production, mais à une surchauffe de la demande avec trop d’acheteurs pour une offre limitée. C’est la forme la plus pure d’inflation par la demande—une croissance du pouvoir d’achat qui dépasse la disponibilité des biens.

Pourquoi les banques centrales surveillent-elles les deux types d’inflation ?

Comprendre ces distinctions est crucial pour la politique monétaire. Lorsqu’une inflation par la demande apparaît, les banques centrales peuvent potentiellement modérer la croissance des prix en augmentant les taux d’intérêt, ce qui freine la consommation et l’investissement des entreprises. Cependant, l’inflation par la pression sur les coûts pose un défi plus complexe : augmenter les taux ne peut pas augmenter l’offre de pétrole ni résoudre les goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement, ce qui peut conduire à une stagflation—une hausse simultanée des prix et une stagnation économique.

Les années qui ont suivi la reprise post-pandémique ont illustré cette complexité. Alors que l’inflation par la demande s’est accélérée en 2021 et 2022, les banques centrales ont été confrontées à la nécessité de resserrer leur politique. Pourtant, les contraintes d’offre sous-jacentes, dues à des limitations de capacité de production, signifiaient que des réponses purement monétaires comportaient des risques économiques importants. Ce conflit entre ces deux types d’inflation reste au cœur des débats économiques contemporains, montrant pourquoi il est essentiel de distinguer entre les pressions sur les prix d’origine offre ou demande pour une gestion économique efficace.

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