Que signifie le salaire d’un pape pour les obligations fiscales aux États-Unis ?

Imaginez être nommé à la tête de l’une des institutions spirituelles les plus influentes au monde et découvrir que vous pourriez être responsable de l’impôt sur le revenu aux États-Unis. C’est précisément la situation à laquelle fait face le pape Léon XIV, qui porte la distinction d’être le premier pontife né aux États-Unis tout en conservant la citoyenneté américaine. Contrairement à la plupart des citoyens qui travaillent à l’étranger, le leader du Vatican ne peut pas simplement profiter de sa rémunération sans payer d’impôts—du moins pas sans naviguer avec soin dans des réglementations fiscales internationales complexes.

Citoyenneté américaine et revenus mondiaux : aucune exemption religieuse

Le principe est simple : le gouvernement américain taxe ses citoyens sur leurs revenus mondiaux, peu importe où ces revenus sont perçus ou quelle institution les fournit. Bien que beaucoup supposent que le statut d’exonération fiscale de l’Église catholique s’étende à ses dirigeants, cette supposition ne tient pas face à la loi fiscale américaine.

Edward A. David, professeur assistant au département de théologie et d’études religieuses du King’s College de Londres, a souligné ce point au Washington Post : le nouveau pape « est peu probable d’être exempté de l’impôt sur le revenu aux États-Unis » en raison du fonctionnement de la législation fiscale américaine. Timothy Fogarty, professeur de comptabilité à la Case Western Reserve University, a confirmé qu’il n’existe pas d’exception générale pour les professionnels religieux—et de manière remarquable, pas même pour les diplomates ou les chefs d’État.

Décomposer le salaire du pape et la responsabilité fiscale

Les chiffres concernant la charge fiscale du salaire d’un pape deviennent convaincants lorsqu’on les examine de près. Le pape Léon XIV reçoit environ 30 000 € par mois, ce qui équivaut à peu près à 33 000 $ par mois ou 396 000 $ par an. Sans déductions ni considérations particulières, ce revenu pourrait générer des obligations fiscales fédérales et étatiques d’environ 135 287 $ par an.

Ce calcul reflète la réalité que les membres du clergé aux États-Unis sont classés comme travailleurs indépendants pour la sécurité sociale et Medicare, ce qui entraîne des taux de cotisation à l’impôt sur le travail indépendant qui dépassent largement la retenue d’impôt sur le revenu standard.

Deductions potentielles et stratégies d’optimisation fiscale

La situation devient plus nuancée lorsqu’on considère les déductions disponibles. Le pontife pourrait réclamer la déduction standard de 14 600 $, qui offre un soulagement fiscal immédiat. De plus, sa compensation pour le logement—fourni directement par le Vatican—pourrait potentiellement être déductible s’il est correctement documenté et structuré. Les dépenses liées au logement pourraient inclure tout, des meubles aux coûts des services publics.

La zone grise apparaît lorsqu’il s’agit de classer le rôle d’un leader religieux : est-il travailleur indépendant, un contractant indépendant, ou quelque chose de complètement différent ? Cette classification influence directement les dépenses professionnelles qu’il peut légitimement déduire. Bien gérées, ces déductions pourraient réduire considérablement la charge fiscale nette.

Naviguer dans la conformité internationale et les complications offshore

Une complexité importante concerne la gestion par le pape de comptes liés à son rôle au Vatican. La citoyenneté américaine combinée à des avoirs financiers à l’étranger peut déclencher des obligations de déclaration supplémentaires. Le formulaire 8938, soumis à l’IRS, devient obligatoire lorsque les citoyens détiennent des actifs financiers étrangers importants. La Banque du Vatican, dont les actifs dépassaient 6,1 milliards de dollars en 2023, répond certainement à ce seuil.

De plus, en fonction de son autorité sur les comptes de la Banque du Vatican—si il agit en tant qu’autorité signataire—il pourrait devoir déposer un Rapport sur les comptes bancaires étrangers auprès de l’Unité de lutte contre la criminalité financière du Département du Trésor. Ces obligations existent indépendamment de ses déclarations d’impôt sur le revenu standard et représentent des pièges potentiels en cas de non-conformité.

La réalité historique : la plupart des papes n’acceptent pas réellement le salaire

Voici une tournure ironique : bien que le pape Léon XIV ait techniquement droit à sa rémunération substantielle, la tradition historique suggère qu’il pourrait choisir de ne pas la réclamer. Son prédécesseur, le pape François, a célèbrement refusé de percevoir son salaire papal, évitant ainsi toute question fiscale.

Si le pontife suit cette tradition, le problème fiscal disparaît simplement—aucun revenu déclaré, donc aucune taxe due. Pourtant, la possibilité demeure que l’acceptation du salaire de ce pape le transformerait en contribuable soumis à la complexité totale du code fiscal américain, nous rappelant que même les leaders religieux de plus haut rang ne peuvent échapper aux obligations qui lient les citoyens ordinaires à l’IRS.

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