## De "Menace" à "À Surveiller" : Comment la Politique Monétaire Numérique des États-Unis a Opéré un Changement à 180° en 3 Ans



Un tournant majeur vient de se produire dans la gestion par les États-Unis des actifs numériques. Le rapport 2025 du Financial Stability Oversight Council (FSOC) - l’organisme de surveillance de la stabilité du système financier américain - a officiellement éliminé le terme "faille" lorsqu’il évoque les crypto-actifs et Bitcoin. À la place, ils sont classés dans la catégorie "événements de marché à suivre". Il ne s’agit pas seulement d’un changement de vocabulaire, mais d’un revirement de politique global, qui dure depuis trois ans.

### Passé : Quand la Crypto était Considérée comme une "Zone Prioritaire à Risque"

Pour comprendre la signification de ce changement, il faut revenir sur ce qui s’est passé entre 2022 et 2024. Sous la présidence de Joe Biden, l’Ordre Exécutif 14067 a été signé avec l’ambition de contrôler l’ensemble du secteur des cryptomonnaies. À l’époque, le FSOC qualifiait déjà les actifs numériques de "zone prioritaire" susceptible de mettre en danger la stabilité financière nationale.

En 2023, la situation devient plus "stricte". Le FSOC classe la crypto dans un groupe spécifique de "faille de stabilité financière", en mettant en garde notamment contre les stablecoins – ces tokens indexés sur le dollar américain. Les régulateurs craignent que les stablecoins soient vulnérables à des retraits massifs si des réglementations strictes ne sont pas mises en place, comme pour les banques traditionnelles.

En 2024, la surveillance est un peu plus "légère", mais le FSOC continue d’alerter sur le fait que les stablecoins présentent un "risque latent". Le point commun de ces trois années : Bitcoin, Ethereum et autres actifs numériques sont tous considérés comme des "problèmes à réguler, pas des opportunités".

### Présent : Une Politique Entièrement Inversée

Le rapport 2025 du FSOC affiche une toute autre philosophie. La lettre d’introduction du secrétaire au Trésor Scott Bessent redéfinit la mission du conseil : au lieu de rechercher uniquement les failles, il faut se concentrer sur la croissance économique à long terme. Résultat : toute la section "faille" est purement supprimée. Bitcoin, Ethereum, la tokenisation d’actifs, stablecoins – tout est "élevé" au rang de "secteurs à surveiller" plutôt que "à contrôler".

Ce n’est pas seulement une décision d’un seul organisme. C’est le fruit de trois mouvements coordonnés :

**Premièrement : L’Ordre Exécutif de Donald Trump**

L’Ordre 14178, signé peu après son entrée en fonction, annule directement l’Ordre 14067 de Biden. Au lieu de "contrôler la crypto", la nouvelle politique vise à "favoriser le développement et l’utilisation responsable des actifs numériques". En particulier, cet ordre interdit l’émission de monnaies numériques par la banque centrale américaine (CBDC) – une décision considérée comme favorable à Bitcoin et aux stablecoins privés.

**Deuxièmement : La législation du Congrès**

La loi GENIUS (signée en juillet 2025) établit un cadre juridique complet, tel que le FSOC le demandait. Elle autorise les entités à émettre des stablecoins, sous réserve d’un fonds de réserve à 100% et sous surveillance de la Fed, de l’OCC, de la FDIC et des autorités étatiques. La "task force" (force opérationnelle), souvent évoquée, – ces organismes créés pour traiter des tâches spécifiques de façon temporaire – sera remplacée par un mécanisme de supervision officiel et permanent.

**Troisièmement : Les directives des autorités de régulation**

La SEC a abrogé le SAB 121 (un ancien guide comptable qui dissuadait les banques de détenir des crypto), pour le remplacer par le nouveau SAB 122. L’OCC a publié la Lettre d’Interprétation 1188, permettant aux banques nationales de faire des opérations crypto selon un modèle "sans risque" – c’est-à-dire acheter auprès d’un client, vendre à un autre, sans prendre de position propre.

L’étape suivante pour l’OCC est d’accorder une "licence de banque de dépôt nationale provisoire" à de grandes entreprises crypto-native : Circle, Ripple, BitGo, Paxos et Fidelity Digital Assets. Cela leur permet d’opérer sous surveillance fédérale, plutôt que d’être isolées hors du système.

### Signification concrète : Des déclarations aux actions

Pourquoi insister sur le fait qu’il s’agit de "politique, pas seulement de paroles" ? Parce que les autorités américaines ont agi de concert. Selon le guide du Congressional Research Service, chaque membre du FSOC doit confirmer que "toutes les mesures raisonnables pour gérer le risque systémique ont été prises" ou expliquer ce qu’il reste à faire. Quand le rapport 2025 cesse de qualifier la crypto de "faille", que le SAB 121 est abrogé, que la loi GENIUS est adoptée, et que l’OCC ouvre la voie aux banques crypto-native, cela montre une réduction de l’intensité de la coordination, et non des signaux contradictoires.

### Points encore à surveiller

Cependant, le changement aux États-Unis ne signifie pas que le reste du monde est rassuré. Les organismes de régulation mondiaux restent prudents :

- **Financial Stability Board (FSB)** constate que la capitalisation mondiale des crypto-marchés a presque doublé, atteignant 4 000 milliards de dollars, mais met en garde contre "des lacunes notables" dans l’application des standards. Le risque pour la stabilité financière demeure "limité pour l’instant", mais pourrait augmenter à mesure que les liens entre crypto et finance traditionnelle se renforcent.

- **Financial Action Task Force (FATF)** – l’organisme international contre le blanchiment d’argent – rapporte que seulement 40 des 138 juridictions "respectent en grande partie" les règles anti-blanchiment crypto. Des dizaines de milliards de dollars de flux illicites continuent d’être traités via les canaux de cryptomonnaie.

- Le FSOC 2025 rappelle aussi que les stablecoins en dollars pourraient être détournés pour échapper aux sanctions et à la criminalité financière, et qu’une surveillance continue est nécessaire.

### Bitcoin en 2026 : Opportunité ou Piège ?

La suppression de la "faille" a éliminé la stigmatisation macroéconomique que craignaient les grandes banques, compagnies d’assurance et fonds de pension. La validation par la SEC des ETF Bitcoin et Ethereum au comptant en 2024, ainsi que le nouveau système d’ETF en 2025, ont normalisé l’exposition institutionnelle à BTC.

La loi GENIUS et la directive OCC sur le "riskless-principal" offrent aux banques américaines une "voie rapide" légale : détenir des réserves de stablecoins, faire l’intermédiation entre ETF Bitcoin et stablecoins, tokeniser des actifs. Ces infrastructures seront le canal d’expansion du rôle financier de Bitcoin en 2026 – non pas parce que le FSOC soutient BTC, mais parce que le système est en train d’être remplacé par une supervision standardisée et une lutte contre le blanchiment.

Toutefois, la politique n’immunise pas Bitcoin contre les risques politiques. À l’approche des élections, le Congrès pourrait revoir ses règles. La SEC et la CFTC continuent de se disputer la gestion d’autres tokens. Et si le marché crypto continue de doubler, le FSB et la FATF avertissent que la connexion accrue pourrait entraîner une crise de stabilité financière réelle, obligeant les régulateurs à "revenir" à un langage de "faille".
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