La question de savoir si le trading à terme est conforme aux principes islamiques reste un sujet de controverse parmi les investisseurs et scholars musulmans contemporains. Cette divergence d’opinion découle de différences fondamentales dans l’interprétation par les autorités religieuses des lois traditionnelles de la finance islamique lorsqu’elles sont appliquées aux instruments financiers modernes.
Les principes fondamentaux de la finance islamique en jeu
Plusieurs concepts clés de la jurisprudence islamique forment la base de ce débat. Gharar (incertitude ou ambiguïté excessive) représente une préoccupation majeure — la loi islamique interdit explicitement la vente d’actifs non possédés ou non détenus au moment de la transaction. Un hadith bien connu rapporté dans Tirmidhi indique : « Ne vendez pas ce que vous n’avez pas », établissant un précédent clair contre de telles pratiques.
Riba (usure ou intérêt) constitue un autre obstacle important. Les marchés à terme impliquent généralement un effet de levier et des mécanismes de marge qui nécessitent des emprunts à intérêt ou des frais de financement quotidiens. La doctrine islamique interdit catégoriquement toute forme de riba, quelle que soit la petite somme. De plus, Maisir (jeu ou transactions basées sur le hasard) décrit la nature spéculative inhérente à de nombreux contrats à terme, où les participants parient sur les mouvements de prix sans posséder ni avoir l’intention d’utiliser l’actif sous-jacent.
L’exigence de règlement immédiat complique encore la situation. Les contrats islamiques traditionnels (salam et bay’ al-sarf) exigent qu’au moins une partie remplisse son obligation immédiatement — par paiement ou livraison d’actif. Les marchés à terme, par leur conception structurelle, reportent à des dates futures la livraison et le paiement, violant ainsi ce principe fondamental.
Le consensus des scholars en vigueur
La majorité écrasante des autorités financières islamiques ont déterminé que le trading à terme conventionnel, tel qu’il est pratiqué sur les marchés contemporains, constitue une activité haram (interdite). L’AAOIFI (Organisation de comptabilité et d’audit pour les institutions financières islamiques) a publié des interdictions explicites contre les contrats à terme standards. Les écoles islamiques traditionnelles, notamment Darul Uloom Deoband et autres institutions similaires, classent également le trading à terme comme haram.
Ce consensus repose principalement sur l’intersection de gharar, riba et maisir — trois éléments qui, de manière indépendante et collective, rendent les contrats à terme incompatibles avec la loi islamique.
Exceptions limitées sous conditions strictes
Une minorité de perspectives parmi les économistes islamiques contemporains suggère que certains contrats de type forward pourraient respecter des restrictions spécifiques. Ces conditions incluent :
L’actif sous-jacent doit être tangible, halal (permis), et clairement défini
La partie vendeuse doit posséder la pleine propriété ou des droits contractuels explicites sur l’actif
L’arrangement doit servir des objectifs légitimes de couverture pour de véritables besoins commerciaux, et non une position spéculative
Absence totale d’effet de levier, de mécanismes d’intérêt et de pratiques de vente à découvert
De tels arrangements ressemblent davantage à des contrats salam traditionnels (achats anticipés) qu’aux instruments à terme conventionnels, et même dans ces paramètres stricts, leur licéité reste disputée parmi les scholars.
Voies alternatives pour les investisseurs islamiques
Pour les investisseurs musulmans souhaitant participer au marché dans le respect des principes islamiques établis, plusieurs alternatives conformes existent. Les fonds mutuels islamiques structurés selon les lignes directrices de la Shariah offrent une exposition diversifiée tout en restant conformes à la religion. L’investissement direct dans des actions conformes à la Shariah constitue une autre option, tout comme le marché des sukuk — essentiellement des obligations islamiques garanties par des actifs réels plutôt que par des dettes portant intérêt. Les investissements basés sur des actifs réels, tels que les matières premières, l’immobilier et les participations dans des entreprises tangibles, s’alignent plus naturellement avec la philosophie de la finance islamique.
Perspectives des autorités expertes
Les institutions financières islamiques et les scholars maintiennent que l’interdiction reste ferme pour les marchés à terme standards. Bien que certains économistes islamiques modernes continuent d’explorer si des dérivés conformes à la Shariah pourraient exister théoriquement, ils reconnaissent généralement que les structures de futures conventionnelles disponibles actuellement ne répondent pas à ces standards hypothétiques. Le consensus suggère que l’innovation dans la finance islamique pourrait éventuellement produire des instruments conformes, mais que les marchés à terme existants ne représentent pas de telles solutions.
La réalité pratique pour la majorité des traders musulmans reste claire : le trading à terme conventionnel sort du cadre de la pratique financière islamique selon l’autorité scholarly établie et l’analyse jurisprudentielle.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Le trading sur les marchés à terme est-il considéré comme Haram selon la loi islamique ? Une analyse complète
La question de savoir si le trading à terme est conforme aux principes islamiques reste un sujet de controverse parmi les investisseurs et scholars musulmans contemporains. Cette divergence d’opinion découle de différences fondamentales dans l’interprétation par les autorités religieuses des lois traditionnelles de la finance islamique lorsqu’elles sont appliquées aux instruments financiers modernes.
Les principes fondamentaux de la finance islamique en jeu
Plusieurs concepts clés de la jurisprudence islamique forment la base de ce débat. Gharar (incertitude ou ambiguïté excessive) représente une préoccupation majeure — la loi islamique interdit explicitement la vente d’actifs non possédés ou non détenus au moment de la transaction. Un hadith bien connu rapporté dans Tirmidhi indique : « Ne vendez pas ce que vous n’avez pas », établissant un précédent clair contre de telles pratiques.
Riba (usure ou intérêt) constitue un autre obstacle important. Les marchés à terme impliquent généralement un effet de levier et des mécanismes de marge qui nécessitent des emprunts à intérêt ou des frais de financement quotidiens. La doctrine islamique interdit catégoriquement toute forme de riba, quelle que soit la petite somme. De plus, Maisir (jeu ou transactions basées sur le hasard) décrit la nature spéculative inhérente à de nombreux contrats à terme, où les participants parient sur les mouvements de prix sans posséder ni avoir l’intention d’utiliser l’actif sous-jacent.
L’exigence de règlement immédiat complique encore la situation. Les contrats islamiques traditionnels (salam et bay’ al-sarf) exigent qu’au moins une partie remplisse son obligation immédiatement — par paiement ou livraison d’actif. Les marchés à terme, par leur conception structurelle, reportent à des dates futures la livraison et le paiement, violant ainsi ce principe fondamental.
Le consensus des scholars en vigueur
La majorité écrasante des autorités financières islamiques ont déterminé que le trading à terme conventionnel, tel qu’il est pratiqué sur les marchés contemporains, constitue une activité haram (interdite). L’AAOIFI (Organisation de comptabilité et d’audit pour les institutions financières islamiques) a publié des interdictions explicites contre les contrats à terme standards. Les écoles islamiques traditionnelles, notamment Darul Uloom Deoband et autres institutions similaires, classent également le trading à terme comme haram.
Ce consensus repose principalement sur l’intersection de gharar, riba et maisir — trois éléments qui, de manière indépendante et collective, rendent les contrats à terme incompatibles avec la loi islamique.
Exceptions limitées sous conditions strictes
Une minorité de perspectives parmi les économistes islamiques contemporains suggère que certains contrats de type forward pourraient respecter des restrictions spécifiques. Ces conditions incluent :
De tels arrangements ressemblent davantage à des contrats salam traditionnels (achats anticipés) qu’aux instruments à terme conventionnels, et même dans ces paramètres stricts, leur licéité reste disputée parmi les scholars.
Voies alternatives pour les investisseurs islamiques
Pour les investisseurs musulmans souhaitant participer au marché dans le respect des principes islamiques établis, plusieurs alternatives conformes existent. Les fonds mutuels islamiques structurés selon les lignes directrices de la Shariah offrent une exposition diversifiée tout en restant conformes à la religion. L’investissement direct dans des actions conformes à la Shariah constitue une autre option, tout comme le marché des sukuk — essentiellement des obligations islamiques garanties par des actifs réels plutôt que par des dettes portant intérêt. Les investissements basés sur des actifs réels, tels que les matières premières, l’immobilier et les participations dans des entreprises tangibles, s’alignent plus naturellement avec la philosophie de la finance islamique.
Perspectives des autorités expertes
Les institutions financières islamiques et les scholars maintiennent que l’interdiction reste ferme pour les marchés à terme standards. Bien que certains économistes islamiques modernes continuent d’explorer si des dérivés conformes à la Shariah pourraient exister théoriquement, ils reconnaissent généralement que les structures de futures conventionnelles disponibles actuellement ne répondent pas à ces standards hypothétiques. Le consensus suggère que l’innovation dans la finance islamique pourrait éventuellement produire des instruments conformes, mais que les marchés à terme existants ne représentent pas de telles solutions.
La réalité pratique pour la majorité des traders musulmans reste claire : le trading à terme conventionnel sort du cadre de la pratique financière islamique selon l’autorité scholarly établie et l’analyse jurisprudentielle.