Récemment, le secteur des Digital Asset Treasury (DAT) a connu des fluctuations en montagnes russes. Ce n’est pas un événement isolé, mais une exposition concentrée des problèmes structurels de l’ensemble du secteur. Passer d’un engouement à une déception en seulement trois mois, quelle en est la véritable raison ?
Du “panning” à la “désinflation” : la décélération du trésor d’actifs numériques
Depuis le début de l’année 2025, l’industrie DAT a connu une expansion explosive. Selon les données de CoinGecko :
Le nombre d’entreprises DAT est passé de 4 en 2020 à 142 en 2025
Seules en 2025, 76 nouvelles entreprises ont été créées, un record historique
La majorité des détenteurs de BTC sont présents dans ces 142 entreprises, avec seulement 15 détenant de l’ETH et 10 du SOL
Derrière cette apparente prospérité, se cache une réalité dangereuse : la majorité de la valeur des DAT est entièrement liée au prix des tokens.
Lorsque le Bitcoin a connu un recul depuis ses sommets, la capitalisation totale du secteur DAT est passée de 176 milliards de dollars à 77 milliards, soit une baisse de plus de 56 %. Pire encore, la performance boursière de certaines entreprises a dépassé cette chute — dans certains cas, une baisse de 80 % par rapport à leur sommet, ce qui dépasse largement la volatilité du Bitcoin lui-même.
Pourquoi la valorisation des DAT crée-t-elle une “fausse sensation de sécurité” ?
Le mNAV (market NAV) est l’indicateur le plus couramment utilisé pour évaluer les DAT — c’est la valeur comptable des actifs en stock divisée par le nombre d’actions. Cela semble raisonnable, mais cet indicateur est en réalité un piège :
Valeur comptable ≠ valeur de réalisation
Plusieurs institutions soulignent que :
Illusion de liquidité : bien que détenant d’importants actifs, en cas de marché extrême, il pourrait être impossible de vendre au prix comptable, surtout pour les DAT détenant des altcoins
Dette ignorée : beaucoup de DAT dépendent de dettes convertibles et de financements PIPE, ce qui signifie que les “actifs gratuits” en apparence sont en réalité dilués
Perte opérationnelle : les DAT sans revenus opérationnels réels voient leurs coûts quotidiens grignoter leur stock, aussi beau soit-il sur le papier
Coût temporel : les frais de gestion et les risques augmentent de façon exponentielle avec le temps, pas de manière linéaire
Conclusion : le mNAV n’est qu’un point de départ, pas une fin en soi. Une évaluation réelle des risques doit inclure la structure de la dette, la capacité de gestion et la liquidité du marché.
L’industrie trie le bon grain de l’ivraie
Les jours où tous les DAT montaient et descendaient ensemble sont révolus. Le marché commence désormais à faire la différence :
Les entreprises capables de continuer à se financer (comme Strategy et autres leaders) choisissent d’acheter lors des baisses, en augmentant leur stock pour maintenir leur “histoire de croissance”. Cela nécessite des canaux de financement solides et la confiance des investisseurs.
Les DAT de taille moyenne avec un avantage technologique commencent à changer leur modèle opérationnel — par exemple, certaines entreprises séparent leur capacité de calcul ou leur activité de nœuds de leurs actifs en stock, tentant de passer d’un modèle “simple détention d’actifs” à un modèle “actifs + revenus d’activité”. Cela permet de réduire leur dépendance au prix des tokens.
Les petits et moyens DAT se retrouvent en difficulté — incapables de continuer à se financer pour acheter, manquant de bases technologiques pour se transformer, ils sont contraints de vendre une partie de leurs actifs pour rembourser leurs dettes ou maintenir leur fonctionnement.
Le resserrement réglementaire change la donne
Cette année, la SEC américaine a examiné plusieurs entreprises DAT, exigeant des divulgations plus détaillées sur la méthode d’évaluation des actifs, la structure des dettes convertibles et les procédures d’audit indépendant.
Cette exigence de transparence augmente à court terme les coûts pour les entreprises, mais à long terme, elle pourrait agir comme un “filtre” — seules les entreprises réellement solides pourront continuer à passer ces contrôles, tandis que celles dont la gestion est laxiste seront progressivement éliminées.
Comment les DAT peuvent “survivre” ? Trois stratégies
Les entreprises DAT adoptent actuellement trois stratégies de survie différentes :
Voie 1 : Expansion agressive
Financement continu, achat continu, pari sur la hausse des tokens. Cela nécessite une capacité de financement illimitée et la confiance des investisseurs — ce qui n’est pas accessible à tous.
Voie 2 : Transformation commerciale
Réduire la part de détention pure d’actifs, augmenter les revenus opérationnels. Se tourner vers l’IA, les services de nœuds, la gestion, etc., pour réduire l’impact de la volatilité des tokens. Cette voie demande du temps et des compétences technologiques.
Voie 3 : Mode survie
Maintenir le statu quo, vendre périodiquement une partie des actifs pour financer l’exploitation, en attendant une reprise du marché. C’est la stratégie la plus prudente mais aussi la plus passive.
La leçon essentielle : pourquoi l’avenir des DAT dépend-il de choses autres que le prix des tokens
Désormais, les investisseurs doivent changer leur façon d’évaluer les DAT :
Ce n’est pas la quantité d’actifs dans le trezor qui compte, mais leur capacité à être réellement liquidés
Ce n’est pas la croissance comptable qui importe, mais le flux de trésorerie opérationnel et la pression de la dette
Ce n’est pas le classement en taille qui compte, mais la qualité des décisions de l’équipe de gestion
Finalement, pour survivre au prochain cycle, un DAT doit disposer de : une allocation d’actifs à haute liquidité, des canaux de financement stables, des revenus d’activité progressifs, une transparence dans l’information, une gestion des risques efficace.
L’époque où il suffisait de détenir des tokens et d’attendre leur hausse est révolue. L’industrie DAT passe d’une “croissance sauvage” à une phase de “tri sélectif”. Les entreprises capables de répondre à la question “Pourquoi êtes-vous plus précieux que la simple détention de tokens ?” seront les véritables gagnantes.
Les autres ? Peut-être paient-ils déjà le prix de leur excès d’optimisme passé.
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Les "cicatrices" de l'industrie DAT : pourquoi une croissance rapide cache-t-elle des risques encore plus importants ?
Récemment, le secteur des Digital Asset Treasury (DAT) a connu des fluctuations en montagnes russes. Ce n’est pas un événement isolé, mais une exposition concentrée des problèmes structurels de l’ensemble du secteur. Passer d’un engouement à une déception en seulement trois mois, quelle en est la véritable raison ?
Du “panning” à la “désinflation” : la décélération du trésor d’actifs numériques
Depuis le début de l’année 2025, l’industrie DAT a connu une expansion explosive. Selon les données de CoinGecko :
Derrière cette apparente prospérité, se cache une réalité dangereuse : la majorité de la valeur des DAT est entièrement liée au prix des tokens.
Lorsque le Bitcoin a connu un recul depuis ses sommets, la capitalisation totale du secteur DAT est passée de 176 milliards de dollars à 77 milliards, soit une baisse de plus de 56 %. Pire encore, la performance boursière de certaines entreprises a dépassé cette chute — dans certains cas, une baisse de 80 % par rapport à leur sommet, ce qui dépasse largement la volatilité du Bitcoin lui-même.
Pourquoi la valorisation des DAT crée-t-elle une “fausse sensation de sécurité” ?
Le mNAV (market NAV) est l’indicateur le plus couramment utilisé pour évaluer les DAT — c’est la valeur comptable des actifs en stock divisée par le nombre d’actions. Cela semble raisonnable, mais cet indicateur est en réalité un piège :
Valeur comptable ≠ valeur de réalisation
Plusieurs institutions soulignent que :
Conclusion : le mNAV n’est qu’un point de départ, pas une fin en soi. Une évaluation réelle des risques doit inclure la structure de la dette, la capacité de gestion et la liquidité du marché.
L’industrie trie le bon grain de l’ivraie
Les jours où tous les DAT montaient et descendaient ensemble sont révolus. Le marché commence désormais à faire la différence :
Les entreprises capables de continuer à se financer (comme Strategy et autres leaders) choisissent d’acheter lors des baisses, en augmentant leur stock pour maintenir leur “histoire de croissance”. Cela nécessite des canaux de financement solides et la confiance des investisseurs.
Les DAT de taille moyenne avec un avantage technologique commencent à changer leur modèle opérationnel — par exemple, certaines entreprises séparent leur capacité de calcul ou leur activité de nœuds de leurs actifs en stock, tentant de passer d’un modèle “simple détention d’actifs” à un modèle “actifs + revenus d’activité”. Cela permet de réduire leur dépendance au prix des tokens.
Les petits et moyens DAT se retrouvent en difficulté — incapables de continuer à se financer pour acheter, manquant de bases technologiques pour se transformer, ils sont contraints de vendre une partie de leurs actifs pour rembourser leurs dettes ou maintenir leur fonctionnement.
Le resserrement réglementaire change la donne
Cette année, la SEC américaine a examiné plusieurs entreprises DAT, exigeant des divulgations plus détaillées sur la méthode d’évaluation des actifs, la structure des dettes convertibles et les procédures d’audit indépendant.
Cette exigence de transparence augmente à court terme les coûts pour les entreprises, mais à long terme, elle pourrait agir comme un “filtre” — seules les entreprises réellement solides pourront continuer à passer ces contrôles, tandis que celles dont la gestion est laxiste seront progressivement éliminées.
Comment les DAT peuvent “survivre” ? Trois stratégies
Les entreprises DAT adoptent actuellement trois stratégies de survie différentes :
Voie 1 : Expansion agressive
Financement continu, achat continu, pari sur la hausse des tokens. Cela nécessite une capacité de financement illimitée et la confiance des investisseurs — ce qui n’est pas accessible à tous.
Voie 2 : Transformation commerciale
Réduire la part de détention pure d’actifs, augmenter les revenus opérationnels. Se tourner vers l’IA, les services de nœuds, la gestion, etc., pour réduire l’impact de la volatilité des tokens. Cette voie demande du temps et des compétences technologiques.
Voie 3 : Mode survie
Maintenir le statu quo, vendre périodiquement une partie des actifs pour financer l’exploitation, en attendant une reprise du marché. C’est la stratégie la plus prudente mais aussi la plus passive.
La leçon essentielle : pourquoi l’avenir des DAT dépend-il de choses autres que le prix des tokens
Désormais, les investisseurs doivent changer leur façon d’évaluer les DAT :
Finalement, pour survivre au prochain cycle, un DAT doit disposer de : une allocation d’actifs à haute liquidité, des canaux de financement stables, des revenus d’activité progressifs, une transparence dans l’information, une gestion des risques efficace.
L’époque où il suffisait de détenir des tokens et d’attendre leur hausse est révolue. L’industrie DAT passe d’une “croissance sauvage” à une phase de “tri sélectif”. Les entreprises capables de répondre à la question “Pourquoi êtes-vous plus précieux que la simple détention de tokens ?” seront les véritables gagnantes.
Les autres ? Peut-être paient-ils déjà le prix de leur excès d’optimisme passé.