Lorsque une vieille monnaie endormie depuis huit ans s’envole de 1460 % en deux mois, l’enthousiasme du marché masque souvent des risques plus profonds. Le ZCash (ZEC), passé de 50$ fin septembre à un sommet de 730$, soulève la question : ses fondamentaux peuvent-ils réellement soutenir cette hausse, ou s’agit-il encore d’une tragédie qui se répète ?
L’illusion du ROI minier : le danger d’un retour sur investissement en 105 jours
Actuellement, le rendement minier du ZEC atteint des niveaux rares dans l’histoire du PoW, ce qui constitue justement un signal d’alarme majeur.
Prenons l’exemple du Bitmain Antminer Z15 Pro, l’un des modèles les plus populaires du marché, dont les caractéristiques principales sont :
Hashrate : 840 KH/s
Consommation : 2780W (réel : 2560W)
Efficacité : 0.302 KH/W
Prix futur : 4 999$ (livraison prévue en avril 2026)
Avec les paramètres actuels du réseau (hashrate total : 13.31 GH/s, difficulté de bloc : 118.68M, récompense par bloc : 2.5 ZEC), le calcul du revenu journalier d’un Z15 Pro est impressionnant :
Ce qui implique un délai de rentabilisation statique de seulement 105 jours, soit un ROI annuel proche de 350 % — une valeur anormale dans l’histoire du PoW. En comparaison :
La période de rentabilisation des machines Bitcoin en marché haussier tourne généralement autour de 12 à 24 mois
Le ROI des GPU en période ETH PoW varie entre 300 et 600 jours
Historiquement, des projets comme XCH, KAS, dont le délai de rentabilisation est inférieur à 120 jours, ont tous connu un effondrement en quelques mois
La spirale du coût matériel : du “siècle d’or” au “cimetière du hardware”
Comment certains projets, autrefois perçus comme très rentables, ont-ils sombré dans l’échec ? La réponse réside dans l’effet de ciseaux entre prix et hardware.
Leçon de l’incident Chia 2021 :
Lorsque le prix du XCH a atteint 1 600$, le délai de rentabilisation des disques durs est brièvement tombé sous 130 jours. Cela a provoqué une crise mondiale d’approvisionnement en disques durs, avec une invasion massive de nouveaux hardwares. Mais, en raison du décalage de livraison (souvent supérieur à 3 mois), lorsque ces disques ont été réellement déployés, le prix du token avait déjà commencé à reculer. Résultat : les premiers mineurs ont vendu au sommet, les entrants ont été piégés — le délai de rentabilisation est passé de 30 à plus de 3000 jours.
Le cycle du matériel KAS 2023 :
Le KS1 d’IceRiver a vu son délai de rentabilisation descendre à 150 jours. La différence : le prix du KAS s’est montré relativement résilient. Mais la croissance exponentielle de la difficulté minière a écrasé la hausse du prix, faisant grimper le délai de rentabilisation du KS1 à plus de 3500 jours. L’histoire se répète : évolution hardware + déploiement massif → explosion de la difficulté du réseau → rendement qui s’effondre rapidement.
ZEC fait face à une problématique similaire : commandes en prévente massives, marché secondaire qui gonfle les prix jusqu’à 5万 RMB, et livraison imminente de nombreux équipements pour ce printemps/été. Dès leur mise en service, la puissance du réseau va exploser, entraînant un déséquilibre entre difficulté et prix du token.
Le piège de la sécurité du réseau : le coût d’une attaque à 51% sous-estimé
Ce qui inquiète encore davantage, c’est la sécurité même du réseau ZEC.
Actuellement, la puissance totale du réseau ZEC tourne autour de 12,48 GSol/s, ce qui équivaut à environ 14 857 machines Z15 Pro, pour une consommation totale d’environ 40 MW — l’équivalent d’une ferme minière Bitcoin de taille moyenne. En d’autres termes : pour lancer une attaque à 51 %, il suffirait à un attaquant de louer ou d’acheter quelques milliers de Z15 Pro.
Estimation du coût d’une attaque :
Machine à 5 000$, avec des achats en gros, réduction de 10 %
Contrôler 8 000 machines (plus de 50 % du réseau) coûterait environ 40 millions de dollars
En utilisant du matériel d’occasion ou en louant, ce coût pourrait descendre à quelques millions de dollars
Sur une blockchain avec une FDV proche de 100 milliards de dollars, quelques millions de dollars d’investissement hardware suffisent pour réaliser une double dépense ou une réorganisation de la chaîne — un risque structurel.
Pour comparaison : même des réseaux ayant déjà subi une attaque à 51 % comme ETC, BTG, VTC ou BSV disposent d’une puissance de calcul bien supérieure à celle du ZEC actuel. ZEC est donc déjà dans une zone à haut risque.
La vérité sur l’activité on-chain : un feu de paille
Le prix en apparence en pleine explosion contraste fortement avec les données on-chain :
Nombre moyen de transactions quotidiennes : seulement 15 000 à 18 000 (soit 1-2 % des principales blockchains)
En tant que monnaie privée, la majorité des transactions restent transparentes, avec moins de 10 % de transactions privées
L’écosystème est extrêmement pauvre en applications, avec peu de cas d’usage concrets
Cela révèle une réalité : la hausse du ZEC est purement alimentée par le FOMO, l’effet KOL et l’illusion de gains hardware, sans véritable demande sous-jacente.
Avertissement : quand la folie cède la place à la rationalité
Après être retombé de 730$ à 405,22$ (selon les dernières données), le ZEC montre déjà des signes de correction. La loi de l’histoire ne change pas :
ROI ultra court (<120 jours) → afflux massif de hardware → explosion de la difficulté → prix qui ne suit pas → chute du rendement → pertes des mineurs → nouvelle baisse du prix — c’est la spirale mortelle.
Le ZEC pourra-t-il échapper à ce cycle ? Peut-être. Mais en se basant sur :
un modèle minier extrêmement déformé
une sécurité du réseau fragile
une activité on-chain faible
Le marché finira toujours par voter avec le prix. Les narratifs et l’émotion peuvent gonfler la bulle, mais ce sont les fondamentaux qui déterminent jusqu’où la bulle peut aller et à quel niveau elle finira par éclater.
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La prospérité illusoire de ZEC : un signal d'alarme lorsque le coût du matériel et le prix de la cryptomonnaie sont déséquilibrés
Lorsque une vieille monnaie endormie depuis huit ans s’envole de 1460 % en deux mois, l’enthousiasme du marché masque souvent des risques plus profonds. Le ZCash (ZEC), passé de 50$ fin septembre à un sommet de 730$, soulève la question : ses fondamentaux peuvent-ils réellement soutenir cette hausse, ou s’agit-il encore d’une tragédie qui se répète ?
L’illusion du ROI minier : le danger d’un retour sur investissement en 105 jours
Actuellement, le rendement minier du ZEC atteint des niveaux rares dans l’histoire du PoW, ce qui constitue justement un signal d’alarme majeur.
Prenons l’exemple du Bitmain Antminer Z15 Pro, l’un des modèles les plus populaires du marché, dont les caractéristiques principales sont :
Avec les paramètres actuels du réseau (hashrate total : 13.31 GH/s, difficulté de bloc : 118.68M, récompense par bloc : 2.5 ZEC), le calcul du revenu journalier d’un Z15 Pro est impressionnant :
Coût électrique journalier : 5,34$ (à 0,08$/kWh)
Revenu minier journalier : environ $55
Profit net après électricité : >$50
Ce qui implique un délai de rentabilisation statique de seulement 105 jours, soit un ROI annuel proche de 350 % — une valeur anormale dans l’histoire du PoW. En comparaison :
La spirale du coût matériel : du “siècle d’or” au “cimetière du hardware”
Comment certains projets, autrefois perçus comme très rentables, ont-ils sombré dans l’échec ? La réponse réside dans l’effet de ciseaux entre prix et hardware.
Leçon de l’incident Chia 2021 :
Lorsque le prix du XCH a atteint 1 600$, le délai de rentabilisation des disques durs est brièvement tombé sous 130 jours. Cela a provoqué une crise mondiale d’approvisionnement en disques durs, avec une invasion massive de nouveaux hardwares. Mais, en raison du décalage de livraison (souvent supérieur à 3 mois), lorsque ces disques ont été réellement déployés, le prix du token avait déjà commencé à reculer. Résultat : les premiers mineurs ont vendu au sommet, les entrants ont été piégés — le délai de rentabilisation est passé de 30 à plus de 3000 jours.
Le cycle du matériel KAS 2023 :
Le KS1 d’IceRiver a vu son délai de rentabilisation descendre à 150 jours. La différence : le prix du KAS s’est montré relativement résilient. Mais la croissance exponentielle de la difficulté minière a écrasé la hausse du prix, faisant grimper le délai de rentabilisation du KS1 à plus de 3500 jours. L’histoire se répète : évolution hardware + déploiement massif → explosion de la difficulté du réseau → rendement qui s’effondre rapidement.
ZEC fait face à une problématique similaire : commandes en prévente massives, marché secondaire qui gonfle les prix jusqu’à 5万 RMB, et livraison imminente de nombreux équipements pour ce printemps/été. Dès leur mise en service, la puissance du réseau va exploser, entraînant un déséquilibre entre difficulté et prix du token.
Le piège de la sécurité du réseau : le coût d’une attaque à 51% sous-estimé
Ce qui inquiète encore davantage, c’est la sécurité même du réseau ZEC.
Actuellement, la puissance totale du réseau ZEC tourne autour de 12,48 GSol/s, ce qui équivaut à environ 14 857 machines Z15 Pro, pour une consommation totale d’environ 40 MW — l’équivalent d’une ferme minière Bitcoin de taille moyenne. En d’autres termes : pour lancer une attaque à 51 %, il suffirait à un attaquant de louer ou d’acheter quelques milliers de Z15 Pro.
Estimation du coût d’une attaque :
Sur une blockchain avec une FDV proche de 100 milliards de dollars, quelques millions de dollars d’investissement hardware suffisent pour réaliser une double dépense ou une réorganisation de la chaîne — un risque structurel.
Pour comparaison : même des réseaux ayant déjà subi une attaque à 51 % comme ETC, BTG, VTC ou BSV disposent d’une puissance de calcul bien supérieure à celle du ZEC actuel. ZEC est donc déjà dans une zone à haut risque.
La vérité sur l’activité on-chain : un feu de paille
Le prix en apparence en pleine explosion contraste fortement avec les données on-chain :
Cela révèle une réalité : la hausse du ZEC est purement alimentée par le FOMO, l’effet KOL et l’illusion de gains hardware, sans véritable demande sous-jacente.
Avertissement : quand la folie cède la place à la rationalité
Après être retombé de 730$ à 405,22$ (selon les dernières données), le ZEC montre déjà des signes de correction. La loi de l’histoire ne change pas :
ROI ultra court (<120 jours) → afflux massif de hardware → explosion de la difficulté → prix qui ne suit pas → chute du rendement → pertes des mineurs → nouvelle baisse du prix — c’est la spirale mortelle.
Le ZEC pourra-t-il échapper à ce cycle ? Peut-être. Mais en se basant sur :
Le marché finira toujours par voter avec le prix. Les narratifs et l’émotion peuvent gonfler la bulle, mais ce sont les fondamentaux qui déterminent jusqu’où la bulle peut aller et à quel niveau elle finira par éclater.