Le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, a récemment tenu un discours à Nagoya, délivrant un signal de fermeté rare : il a clairement indiqué qu’il « pèserait sérieusement le pour et le contre d’une hausse des taux » lors de la réunion de politique monétaire prévue les 18 et 19 décembre.
Cette déclaration a immédiatement secoué les marchés. Les traders qui étaient jusque-là attentistes ont commencé à parier que la Banque du Japon allait effectivement passer à l’action cette fois-ci, avec la possibilité de voir le taux d’intérêt passer directement de 0,50 % à 0,75 %. La réaction sur les marchés obligataires et des changes a été la plus directe : les rendements des obligations d’État japonaises ont grimpé en flèche, et le yen s’est nettement apprécié face au dollar.
Pourquoi la Banque du Japon souhaite-t-elle soudainement relever ses taux ? Plusieurs raisons clés expliquent ce revirement.
Premièrement, l’inflation et les prix dépassent les seuils fixés depuis plusieurs mois. Le niveau d’inflation au Japon reste supérieur à l’objectif de la banque centrale, et les salaires augmentent. Le marché du travail est de plus en plus tendu, forçant les entreprises à revaloriser les rémunérations pour retenir leurs employés.
Deuxièmement, le contexte de taux extrêmement bas, voire négatifs, commence à révéler ses effets pervers. L’argent bon marché permet à certaines « entreprises zombies » qui auraient dû disparaître de survivre artificiellement, ce qui pèse sur le dynamisme économique global. L’allocation des ressources est faussée, tandis que les risques de surendettement et de bulle d’actifs s’accumulent.
D’un point de vue macroéconomique, la banque centrale souhaite progressivement « normaliser » les taux d’intérêt pour restaurer la santé du système financier. En d’autres termes, il n’est plus possible de s’appuyer indéfiniment sur la planche à billets et des taux zéro : il faut assainir les actifs toxiques et réguler les comportements de financement.
Cependant, la Banque du Japon insiste : cette hausse des taux ne sera pas un « coup de frein brutal » mais un resserrement « progressif » et « maîtrisé » — l’objectif étant d’ajuster doucement les conditions financières sans étouffer d’un coup l’activité économique.
Quels seront donc les impacts de cette décision ?
**Pour l’économie japonaise** : le coût de l’emprunt va inévitablement augmenter. Les financements d’entreprise, les crédits à la consommation et les prêts immobiliers seront tous affectés. À court terme, cela pourrait peser sur l’immobilier et l’investissement des entreprises, mais à long terme, cela aidera à contenir l’inflation, à optimiser l’allocation des ressources et à éliminer les structures fragiles qui survivaient uniquement grâce aux taux bas.
**Pour le taux de change et les flux de capitaux** : un yen plus fort est quasiment inévitable. Cela perturbera les flux internationaux qui profitaient du « carry trade » sur le yen. Beaucoup empruntaient des yens à faible coût pour investir dans des actifs à haut rendement ailleurs ; avec la hausse des taux japonais, cette stratégie perd de son attrait et certains capitaux pourraient rentrer au Japon.
**Pour les marchés mondiaux** : le Japon est un acteur clé du marché obligataire mondial. Si les rendements des obligations japonaises augmentent, cela peut déclencher un effet domino — accentuant la pression à la vente sur les obligations mondiales et poussant les taux à la hausse partout. Cette volatilité se répercutera sur les marchés asiatiques, européens et américains, et aura aussi un impact indirect sur la liquidité des actifs risqués, y compris les cryptomonnaies.
En résumé, le discours de Kazuo Ueda ne concerne pas seulement le Japon : c’est un signal clé susceptible d’influencer les flux de capitaux mondiaux et le sentiment des marchés à l’échelle internationale.
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GmGnSleeper
· 2025-12-12 14:55
Yen carry trade va exploser, ça devient intéressant
Si la Banque du Japon ne se durcit pas vraiment, le marché peut-il être aussi fou ?
Les investisseurs en arbitrage doivent pleurer, la fin des bonnes affaires d’emprunt en yen pour acheter des actifs à haut rendement est proche
Le marché obligataire mondial va suivre le Japon à la hausse, les actifs risqués ont un peu peur
Ueda, ce gars, peut mobiliser tout l’argent mondial d’une seule phrase, c’est impressionnant
Attendez, l’impact sur la liquidité crypto est énorme...
Que signifie la hausse du yen, la spirale mortelle du carry trade va commencer
À long terme, nettoyer les entreprises zombie est la bonne chose à faire, mais à court terme, cela va faire un peu mal
La réunion du 18 décembre est maintenant complètement surcotée, non ?
La banque centrale rejoue encore cette stratégie progressive, la confiance du marché est-elle là ?
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RektDetective
· 2025-12-12 13:21
Le carry trade en yen japonais a explosé... cette fois, allons-nous vraiment liquider ?
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LiquidationWatcher
· 2025-12-12 06:43
Le Japon va augmenter ses taux, les joueurs de carry trade doivent partir en courant
Je sens que cette vague sur le marché obligataire mondial va commencer à fluctuer...
Ce gars Ueda a enfin décidé de passer à l'action, ça fait trop longtemps que j'attendais ce moment
Si le yen s'apprécie, que font ceux qui empruntent en yen pour faire du arbitrage ? Ils vont se faire tuer ?
Eh bien, la liquidité mondiale va se resserrer cette fois
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AlwaysMissingTops
· 2025-12-09 20:43
Putain, le carry trade va exploser ? Faites attention, les gars qui accumulent des cryptos.
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RektButSmiling
· 2025-12-09 20:38
Le yen décolle, le carry trade s'effondre, la liquidité du marché crypto va-t-elle être aspirée ?
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Layer3Dreamer
· 2025-12-09 20:23
Théoriquement, si l’on modélise la hausse des taux de la BoJ comme une transition d’état récursive… l’effondrement des carry trades = un drainage massif de liquidité sur les L2, pas de mentir, ça frappe différemment de la volatilité macro habituelle. Les mécaniques de bridging cross-chain des flux de capitaux mondiaux viennent de devenir bien plus chaotiques lol
Le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, a récemment tenu un discours à Nagoya, délivrant un signal de fermeté rare : il a clairement indiqué qu’il « pèserait sérieusement le pour et le contre d’une hausse des taux » lors de la réunion de politique monétaire prévue les 18 et 19 décembre.
Cette déclaration a immédiatement secoué les marchés. Les traders qui étaient jusque-là attentistes ont commencé à parier que la Banque du Japon allait effectivement passer à l’action cette fois-ci, avec la possibilité de voir le taux d’intérêt passer directement de 0,50 % à 0,75 %. La réaction sur les marchés obligataires et des changes a été la plus directe : les rendements des obligations d’État japonaises ont grimpé en flèche, et le yen s’est nettement apprécié face au dollar.
Pourquoi la Banque du Japon souhaite-t-elle soudainement relever ses taux ? Plusieurs raisons clés expliquent ce revirement.
Premièrement, l’inflation et les prix dépassent les seuils fixés depuis plusieurs mois. Le niveau d’inflation au Japon reste supérieur à l’objectif de la banque centrale, et les salaires augmentent. Le marché du travail est de plus en plus tendu, forçant les entreprises à revaloriser les rémunérations pour retenir leurs employés.
Deuxièmement, le contexte de taux extrêmement bas, voire négatifs, commence à révéler ses effets pervers. L’argent bon marché permet à certaines « entreprises zombies » qui auraient dû disparaître de survivre artificiellement, ce qui pèse sur le dynamisme économique global. L’allocation des ressources est faussée, tandis que les risques de surendettement et de bulle d’actifs s’accumulent.
D’un point de vue macroéconomique, la banque centrale souhaite progressivement « normaliser » les taux d’intérêt pour restaurer la santé du système financier. En d’autres termes, il n’est plus possible de s’appuyer indéfiniment sur la planche à billets et des taux zéro : il faut assainir les actifs toxiques et réguler les comportements de financement.
Cependant, la Banque du Japon insiste : cette hausse des taux ne sera pas un « coup de frein brutal » mais un resserrement « progressif » et « maîtrisé » — l’objectif étant d’ajuster doucement les conditions financières sans étouffer d’un coup l’activité économique.
Quels seront donc les impacts de cette décision ?
**Pour l’économie japonaise** : le coût de l’emprunt va inévitablement augmenter. Les financements d’entreprise, les crédits à la consommation et les prêts immobiliers seront tous affectés. À court terme, cela pourrait peser sur l’immobilier et l’investissement des entreprises, mais à long terme, cela aidera à contenir l’inflation, à optimiser l’allocation des ressources et à éliminer les structures fragiles qui survivaient uniquement grâce aux taux bas.
**Pour le taux de change et les flux de capitaux** : un yen plus fort est quasiment inévitable. Cela perturbera les flux internationaux qui profitaient du « carry trade » sur le yen. Beaucoup empruntaient des yens à faible coût pour investir dans des actifs à haut rendement ailleurs ; avec la hausse des taux japonais, cette stratégie perd de son attrait et certains capitaux pourraient rentrer au Japon.
**Pour les marchés mondiaux** : le Japon est un acteur clé du marché obligataire mondial. Si les rendements des obligations japonaises augmentent, cela peut déclencher un effet domino — accentuant la pression à la vente sur les obligations mondiales et poussant les taux à la hausse partout. Cette volatilité se répercutera sur les marchés asiatiques, européens et américains, et aura aussi un impact indirect sur la liquidité des actifs risqués, y compris les cryptomonnaies.
En résumé, le discours de Kazuo Ueda ne concerne pas seulement le Japon : c’est un signal clé susceptible d’influencer les flux de capitaux mondiaux et le sentiment des marchés à l’échelle internationale.