Le département américain de la Justice rejette l’argument devant la Cour suprême du développeur de Tornado Cash lors d’un nouveau procès pénal

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US DOJ Rejects Tornado Cash Developer’s Supreme Court Argument in Criminal Retrial Le ministère américain de la Justice, le 7 avril 2026, a rejeté l’argument présenté par le développeur de Tornado Cash, Roman Storm, selon lequel un récent arrêt de la Cour suprême devrait conduire au classement de son affaire pénale, affirmant que la décision civile en matière de droit d’auteur n’a « aucune pertinence » pour des accusations de blanchiment d’argent et de contournement de sanctions.

Les procureurs cherchent à obtenir un nouveau procès après qu’un jury de Manhattan a déclaré Storm coupable, l’été dernier, d’avoir exploité un transmetteur d’argent illégal, mais sans parvenir à un verdict sur deux autres chefs d’accusation, mettant en évidence les tensions entre la ligne pro‑crypto de l’administration Trump et la poursuite continue contre des développeurs de logiciels.

Le DOJ indique que la jurisprudence de la Cour suprême ne s’applique pas

Les avocats de Storm ont déposé une lettre le 2 avril 2026 soutenant que la décision unanime du 25 mars de la Cour suprême dans l’affaire Cox Communications c. Sony Music devrait mener au rejet de l’affaire. Dans cette affaire, la Cour a jugé que Cox, un important fournisseur de services internet, ne pouvait pas être tenu responsable des diffusions musicales illégales de ses clients, la simple connaissance d’un usage potentiellement détourné ne suffisant pas à établir une intention criminelle. La défense de Storm a établi un parallèle entre les fournisseurs de services internet et des protocoles décentralisés comme Tornado Cash, en soutenant que fournir un outil neutre avec des usages légitimes ne rend pas un développeur pénalement responsable.

Dans une réponse directe de trois pages, datée du 7 avril, les procureurs fédéraux du district sud de New York ont rejeté cette comparaison. Ils ont fait valoir que l’affaire Cox concernait une responsabilité civile en matière de droit d’auteur, et non des accusations pénales, et que les faits des deux affaires sont fondamentalement différents. « La conduite du prévenu n’est tout simplement pas comparable à celle en cause dans l’affaire Cox », a écrit le DOJ. « En tout état de cause, une affaire de droit d’auteur de nature civile n’a pas de pertinence ici à la base. »

Les procureurs allèguent que Storm avait une connaissance personnelle des manquements

Le DOJ a distingué le comportement de Cox de celui, allégué, de Storm. Cox avait mis en place des politiques visant à décourager la violation du droit d’auteur et a mis fin à la plupart des manquements identifiés, et son service internet pouvait être utilisé à de nombreuses fins licites. En revanche, les procureurs ont allégué que Storm savait personnellement que les utilisateurs de Tornado Cash menaient des activités illicites et n’a rien fait pour l’en empêcher.

Le DOJ a également affirmé qu’il n’existe aucune preuve qu’un service de confidentialité crypto comme Tornado Cash soit capable d’usages « substantiels ou d’importance commerciale » non criminels. Cette affirmation est susceptible d’irriter les défenseurs de la vie privée, qui font valoir que tous les utilisateurs d’actifs numériques ont le droit de conserver leurs transactions financières privées.

Nouveau procès programmé après un jury bloqué sur deux chefs

Storm a été arrêté et inculpé en 2023 pour l’exploitation de Tornado Cash, un service de mélange de pièces basé sur Ethereum qui permettait aux utilisateurs de masquer les transactions on-chain. Les procureurs ont allégué que Storm savait que des acteurs malveillants, y compris des groupes de piratage nord-coréens, utilisaient le service pour blanchir de l’argent. L’été dernier, un jury de Manhattan a déclaré Storm coupable d’avoir exploité un transmetteur d’argent illégal, mais s’est retrouvé en impasse sur deux autres chefs : complot en vue de commettre un blanchiment d’argent et complot en vue de commettre un contournement de sanctions. Storm a fait appel de la condamnation. Le mois dernier, le DOJ de Trump a déposé une demande pour le faire rejuger sur les deux chefs non résolus.

Tension entre la rhétorique pro‑crypto et l’application de la loi

La volonté du DOJ de faire rejuger Storm met en évidence une contradiction au sein de la politique crypto de l’administration Trump. L’administration a adopté une stratégie résolument favorable au crypto, et l’année dernière le DOJ s’était engagé à cesser de poursuivre les développeurs de logiciels de confidentialité crypto. Pourtant, entre-temps, des procureurs fédéraux ont envoyé plusieurs de ces développeurs en prison, suscitant des inquiétudes parmi de nombreux défenseurs de la vie privée.

L’issue de l’affaire de Storm pourrait établir un précédent important sur la façon dont les tribunaux interprètent l’intention et la responsabilité dans les systèmes décentralisés. Une décision favorable à la défense pourrait renforcer les protections accordées aux développeurs de logiciels open source. Une décision alignée sur la position du gouvernement pourrait élargir la responsabilité, en modifiant la manière dont les protocoles décentralisés sont conçus et exploités.

FAQ

Quelle est l’argumentation juridique que la défense de Roman Storm a formulée sur la base de la décision de la Cour suprême ?

Les avocats de Storm ont soutenu que la décision de la Cour suprême dans l’affaire Cox Communications c. Sony Music—qui a établi qu’un fournisseur de services internet ne peut pas être tenu responsable des actions illégales de ses clients sur la seule base d’une connaissance—devrait s’appliquer à son affaire. Ils affirment que Tornado Cash était un outil neutre de confidentialité et que Storm ne devrait pas être pénalement responsable de la façon dont d’autres l’ont utilisé.

Pourquoi le DOJ a-t-il rejeté cet argument ?

Les procureurs ont indiqué que l’affaire Cox portait sur une responsabilité civile en matière de droit d’auteur, et non sur des accusations pénales. Ils ont aussi fait valoir que Cox décourageait activement les détournements, tandis que Storm, selon les allégations, savait que des activités illégales étaient en cours et n’a rien fait pour y mettre fin. Le DOJ a en outre affirmé que Tornado Cash ne disposait pas d’usages légitimes substantiels.

Quels chefs d’accusation Roman Storm affronte-t-il encore ?

Storm a été déclaré coupable d’avoir exploité un transmetteur d’argent illégal, mais le jury s’est retrouvé en impasse sur des chefs de complot en vue de commettre un blanchiment d’argent et de complot en vue de commettre un contournement de sanctions. Le DOJ cherche à obtenir un nouveau procès sur ces deux chefs. Son appel de la condamnation est en cours.

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